Quelques-uns (Hengstenberg, Astié) pensent qu'en appelant Jésus un Samaritain, ils veulent le taxer d'hérétique, comme se faisant égal à Dieu. Mais le terme de Samaritain peut difficilement être envisagé comme synonyme de blasphémateur. Les Samaritains passaient pour les ennemis nationaux des Juifs ; or Jésus paraissait faire acte d'hostilité contre son peuple en accusant tous les Juifs d'être des enfants du démon. Le vertige de la folie leur semble même pouvoir seul expliquer un tel langage ; et c'est ce qu'ils expriment par ces mots : Tu es possédé d'un démon, qui sont comme le pendant du reproche de Jésus. Le sens de cette apostrophe revient à ceci : Tu es aussi méchant que fou.
« Lui, dit saint Pierre, qui, lorsqu'on lui disait des injures, n'en rendait point, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pierre 2.3). Cette parole semble avoir été dictée à l'apôtre par le souvenir de la réponse suivante, dans nos v. 49 et 50. A l'injure, Jésus oppose une simple dénégation. Ἐγώ, moi, placé en tête, est prononcé avec le sentiment profond du contraste entre le caractère de sa personne et la manière dont il est traité. A la fausse explication que donnent les Juifs de son discours précédent, il substitue la vraie : « Je ne parle pas de vous comme je le fais, poussé par la haine ; mais je parle ainsi pour honorer mon Père. Le témoignage que je dépose contre vous est un hommage que je dois rendre à la sainteté divine. Mais, au lieu de courber la tête à la voix de celui qui vous dit la vérité de la part de Dieu, vous l'injuriez, lui qui glorifie celui que vous prétendez être votre Père. » La conclusion est celle-ci : Vous ne sauriez être enfants de Dieu, puisque vous m'outragez, moi qui ne parle que pour honorer Dieu !
Néanmoins (v. 50), Jésus déclare que les affronts dont on l'abreuve lui importent peu. C'est Dieu que cela regarde ; il s'en remet à Dieu du soin de sa gloire ; car il connaît sa sollicitude envers lui. Il ne veut être honoré que dans la mesure ou son Père lui-même lui donne gloire dans le cœur des hommes. Les deux participes : qui cherche et qui juge, font pressentir les actes divins par lesquels le Père glorifiera le Fils et châtiera ses calomniateurs : d'un côté l'envoi du Saint-Esprit et la fondation du nouvel Israël ; de l'autre la ruine de Jérusalem et le jugement final. C'est ainsi qu'il « s'en remet à celui qui juge justement. » Du reste tous ne le déshonorent pas ; il en est plusieurs qui déjà l'honorent par leur foi :
2o Les témoignages suprêmes de Jésus sur sa personne : versets 51-59.