Avec le dernier mot du v 50 et qui juge, Jésus en a fini avec ses interlocuteurs actuels. Mais il sait que, parmi ces nombreux auditeurs qui avaient cru en lui (v. 30) et dont plusieurs avaient immédiatement succombé à l'épreuve (v. 32), il y en a un certain nombre qui ont accompli la condition posée par lui, v. 31 : Si vous demeurez dans ma parole ; c'est à ceux-là, me paraît-il aussi bien qu'à ses disciples en général, qu'il adresse la magnifique promesse du v. 51. Ainsi pensent Calvin, de Wette, etc. Weiss admet que le discours continue simplement : Jésus montre que sa parole sera le moyen par lequel Dieu le glorifiera, en donnant la vie aux uns et jugeant les autres par elle, ce qui montrera à tous qu'il est le Messie. - L'expression : garder ma parole, nous ramène, aussi bien que le ton de cette promesse, à l'exhortation du v. 31 : Demeurez dans ma parole ; et la promesse de ne jamais voir la mort est l'opposé de la menace du v. 35 : L'esclave ne demeure pas toujours dans la maison. - Le terme de mort n'est point pris au sens spirituel exclusivement, comme si Jésus voulait dire : ne sera pas condamné. N'y aurait-il pas quelque charlatanisme, de la part de Jésus, à se donner l'air de dire plus qu'il ne voudrait dire réellement ? C'est bien la mort, la mort elle-même, dans le plein sens de ce mot, qu'il nie pour le croyant. Voir à 6.50 et 14.3. Quel encouragement présenté à ceux qui persévéraient dans sa parole : ne plus avoir à ressentir la mort dans la mort !
Les Juifs ne se méprennent donc pas entièrement, comme on le prétend, quand ils concluent de cette parole que Jésus promet aux croyants un privilège que n'ont possédé ni Abraham, ni les prophètes, et qu'il se fait plus grand que ceux-ci ; car il est manifeste qu'il doit posséder lui-même la prérogative qu'il promet aux siens. - L'expression goûter la mort repose sur la comparaison de la mort avec une coupe amère que l'homme est condamné à boire. - Le mot εἰς τὸν αἰῶνα, à jamais, dans les v. 51 et 52, ne doit pas s'expliquer dans ce sens : « Il mourra bien, mais non pour toujours ; » le sens est : « Jamais il ne fera l'acte de mourir. » Comparez 13.8. - Le pronom ὅστις, au lieu du simple ὅς, signifie : « qui, tout Abraham qu'il était… » Cette objection force Jésus à s'élever à la plus haute affirmation qu'il ait prononcée sur lui-même, celle de sa divine préexistence.
Si Jésus est le vainqueur de la mort pour les siens, c'est qu'il appartient lui-même à l'ordre éternel. Il vient d'une sphère dans laquelle il n'y a pas transition du néant à l'existence, ni par conséquent non plus chute de l'existence dans la mort, sauf le cas où il consentirait lui-même à se livrer à cette puissance.