Jésus avait accepté au ch. 5 la position d'un homme ordinaire ; c'est pourquoi il avait cité en sa faveur le double témoignage du Père par les miracles et par l'Ecriture. Ici, il se redresse et revendique sa vraie position, dont il s'était volontairement désisté. Cette différence provient de ce que la rupture entre lui et ses auditeurs est maintenant plus prononcée. Il s'affirme lui-même plus catégoriquement. La lumière intérieure qu'il possède sur sa personne le met positivement à l'abri des illusions de l'orgueil. Et c'est pourquoi il est en même temps la lumière pour les autres. - Le terme οἶδα, je sais, désigne cette conscience inaltérablement claire et limpide que Jésus a de lui-même ; elle porte à la fois sur le lieu de son origine et sur celui de son retour, sur le principe et la fin de son existence. Celui qui connaît distinctement ces deux termes de sa vie la comprend tout entière.
Jésus est clairement conscient de lui-même comme d'un être venant d'en-haut et retournant en-haut, et pour qui par conséquent la vie terrestre n'est qu'un passage avec une mission de salut à remplir, la transition du ciel au ciel. Tout le christianisme repose sur cette conscience que Christ a eue de sa personne. C'est l'héroïsme de la foi, de s'abandonner au témoignage extraordinaire que cet être s'est rendu à lui-même. - Les mots : « Vous, vous ne savez pas, » sont plus que l'énoncé d'un fait ; ils renferment un reproche. Ils sauraient, eux aussi, pour peu qu'ils eussent le sens ouvert pour percevoir. Dans le caractère céleste et saint de l'apparition de Jésus, chaque cœur droit peut discerner la divinité de son origine, aussi bien que celle de sa destination. - La particule disjonctive ἤ, ni, dans la seconde proposition, qui est sans doute la vraie leçon (voir la note critique), est plus énergique que le simple καί, et, dans la première : Jésus, lui, ajoute connaissance à connaissance ; de là le et ; mais eux, qu'on les interroge sur un point ou sur l'autre, ils montreront toujours la même ignorance ; de là le ni.