Jésus n'ignora point cette mesure hostile ; et voilà qui éveilla chez lui le pressentiment de sa mort prochaine exprimé si solennellement dans les paroles suivantes (donc). Il invite, dans ce discours, les Juifs à profiter du temps bientôt écoulé, qu'il a encore à passer avec eux. Il y a correspondance entre les expressions : Je m'en vais et Celui qui m'a envoyé. L'idée d'envoi renferme celle d'un rappel toujours possible, d'un séjour ici-bas purement temporaire. La conclusion pratique sous-entendue du v. 33 : « Hâtez-vous de croire ! » est rendue plus pressante par le v. 34. Des deux parties de ce verset, la première se rapporte à leur avenir national ; la seconde, à leur sort individuel. Dans la première, Jésus décrit d'une manière saisissante l'état d'abandon dans lequel se trouvera bientôt plongé ce peuple, s'il persiste à rejeter celui qui seul peut le conduire au Père : une attente continuelle et toujours déçue : la tentative impuissante de retrouver Dieu, après avoir laissé passer la visite de celui qui seul aurait pu les unir à lui. Ce sens est celui dans lequel Jésus cite cette parole 13.33 (comparez 14.6). C'est aussi celui dans lequel il la répétera bientôt après, sous une forme plus accentuée, 8.21-22. Il ne peut y avoir aucune difficulté à appliquer la notion du pronom με, moi, à l'idée du Messie en général. Attendre le Messie, c'est, de la part du peuple juif, sans qu'il s'en doute, chercher Jésus, le seul Messie qui puisse lui être donné. - Mais il y a quelque chose de plus terrible que cet avenir de la nation, c'est celui des individus. L'expression : où je serai, désigne symboliquement la communion avec le Père et l'état de salut dont on jouit dans cette communion. C'est là le terme bienheureux auquel ils ne pourront plus parvenir après l'avoir rejeté ; car c'est lui seul qui eût pu les y conduire (14.3). Si donc ils laissent passer ce moment où ils pourraient encore s'attacher à lui, tout sera fini pour eux. Le présent : où je suis, signifie : « où je serai en ce moment-là : » il ne peut se rendre en français que par le futur. - Cette seconde partie du verset ne permet d'appliquer le terme : vous me chercherez dans la première, ni à une recherche inspirée par la haine (Origène), - comparez 13.33, - ni au soupir de la repentance un tel sentiment n'eût pas manqué de les conduire au salut.