Tandis que les adversaires de Jésus s'affermissent dans leurs desseins hostiles, une grande partie de la multitude se fortifie dans la foi. Le v. 31 caractérise un progrès marqué sur le v. 12. Les partisans de Jésus sont plus nombreux, et leur profession de foi est plus explicite malgré la position de dépendance où ils se trouvent encore vis-à-vis des chefs. Si la timidité ne les arrêtait, ils iraient jusqu'à proclamer Jésus le Messie. La leçon ἐποίησεν, a faits, est remplacée à tort dans le Sinaït. par ποιεῖ, il fait. Il s'agit de ses miracles antérieurs en Galilée et en Judée même : 2.23 ; ch. 5 ; 6.2.
Cette impression de la multitude exaspère les chefs, surtout ceux du parti pharisien. Le lieu des séances du sanhédrin ne devait pas être éloigné de celui où se passaient ces scènes (voir à 8.20). Il est donc possible qu'en s'y rendant, quelques-uns des chefs eussent entendu de leurs oreilles ces propos favorables à Jésus ; ou bien aussi des espions les leur avaient rapportés pendant leur séance ; le terme entendirent permet les deux sens. C'est ici le moment où le sanhédrin se laisse entraîner à une démarche que l'on peut envisager comme l'ouverture des mesures juridiques dont le supplice de Jésus a été le terme. C'était certainement sous l'influence du parti pharisien, dont le nom reparaît deux fois dans ce verset. Cependant, la seconde fois, ce nom est précédé, d'après la vraie leçon, de celui des grands sacrificateurs ; ceux-ci sont mentionnés à part, parce qu'ils appartenaient plutôt à cette époque au parti sadducéen, et ils sont placés les premiers parce que, si l'impulsion avait été donnée par les pharisiens, les mesures d'exécution devaient partir des grands sacrificateurs, qui, comme membres de l'aristocratie sacerdotale, formaient la partie dirigeante du sanhédrin. - Les huissiers envoyés n'avaient pas sans doute l'ordre de le saisir immédiatement : autrement, ils n'eussent pu se dispenser d'exécuter ce mandat. Ils devaient se mêler aux groupes et, profitant d'un moment favorable ou Jésus donnerait contre lui quelque prise et où le vent de l'opinion populaire viendrait à tourner, s'emparer de lui et le conduire devant le sanhédrin. Il y a dans ce récit des nuances et une exactitude de détails qui trahissent le témoin.