Ce verset n'est pas facile à comprendre ; aussi a-t-il été très diversement interprété.
Tout dépend du sens qu'on attache à ce mot : vous me chercherez.
Il ne peut être question d'une recherche inspirée par la repentance, car alors Jésus ne dirait pas : vous ne me trouverez point.
S'agirait-il donc d'une recherche hostile, d'une haine impuissante qui s'exercera après le départ de Jésus contre ses disciples ? Cela n'est pas probable et peu en harmonie avec les derniers mots du verset.
Ou bien encore, Jésus annoncerait-il à ceux de ses auditeurs qui ont résisté à tous ses appels et qui s'apprêtent à le faire mourir, que même s'ils le cherchaient désormais, ils ne le trouveraient plus, parce que le temps de la grâce est passé pour eux ? Cette parole serait un Jugement prononcé sur leur endurcissement. (Comparer Luc 19.42)
Une telle pensée n'est pas étrangère à notre verset ; mais pour saisir le sens complet de celui ci, il faut se souvenir que Jésus parle en sa qualité de Messie aux chefs de la théocratie, représentants de ce peuple qui allait rejeter et crucifier le Libérateur que Dieu lui destinait, et ainsi provoquer de terribles jugements qui bientôt fondront sur lui. Alors, dans son angoisse, il attendra vainement son Messie, il cherchera, sans le savoir, Celui qui était le seul vrai Messie et dont il avait méprisé la grâce, et il ne le trouvera plus.
C'est dans ce sens redoutable que Jésus répétera bientôt ces mêmes paroles : "Moi je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans vos péchés." (Jean 8.21) De même il ajoute ici : là où je serai (grec je suis, c'est-à-dire : où je serai à ce moment-là), vous n'y pouvez venir.
Dans leur malheur, ils n'auront pas même la ressource d'entrer dans la communion glorieuse avec Dieu, où Jésus sera alors, et où lui seul pourrait les introduire. (Jean 14.3,6)