Ce récit justifie la conduite circonspecte de Jésus. Cette agitation populaire prouve l'immense sensation qu'avait produite son apparition et l'impression qu'avait laissée son dernier séjour à Jérusalem (ch. 5). - Nous retrouvons dans ce tableau, versets 11 à 13. le contraste qui ressort continuellement dans notre évangile entre ceux que la lumière attire et ceux qu'elle repousse. - Le terme γογγυσμός, murmure, désigne des rumeurs dans les deux sens, bienveillant et hostile. Les ὄχλοι sont les groupes de pèlerins. - Ἀγαθός, homme de bien, signifie ici un homme droit, en opposition à un imposteur (« il égare le peuple »). - Τὸν ὄχλον, la foule (v. 12), désigne le bas peuple qui se laisse facilement séduire par chaque démagogue. - Il ne faut pas rapporter les mots : Nul ne parlait ouvertement, uniquement à ceux qui, bien disposés, n'osaient pas manifester tout haut leur sympathie. Les autres aussi, ceux qui disaient : « C'est un imposteur, » ne parlaient pas librement, en ce sens que par servilité ils dépassaient dans leurs dires ce qu'ils pensaient réellement. Weiss pense au contraire qu'ils auraient dit plus de mal encore s'ils n'eussent redouté le retour des chefs à un jugement plus favorable. Cette explication me semble peu naturelle. Quoi qu'il en soit, une pression venant d'en-haut s'exerçait sur tous, sur ceux qui étaient bien, comme sur ceux qui étaient mal disposés envers Jésus.
II. Pendant la fête : 7.14-36
La première agitation s'était calmée ; chacun vaquait tranquillement à la célébration de la fête, quand tout à coup Jésus paraît dans le temple et se met à enseigner. Les autorités n'avaient pris contre lui aucune mesure ; et il lui restait encore assez, de temps jusqu'à la fin de la fête pour accomplir son œuvre et convier à la foi ce peuple venu de toutes les contrées du monde.
Ce morceau renferme trois enseignements de Jésus, interrompus et en partie provoqués par les remarques de ses auditeurs. Le premier est une explication sur l'origine de sa doctrine et une justification du miracle accompli au ch. 5 et dont on se faisait une arme contre sa mission divine (v. 14-24) ; le second est une déclaration énergique de son origine divine, provoquée par une objection (v. 25-30) ; le troisième contient, à l'occasion d'une démarche des chefs, l'annonce de sa fin prochaine et rend les Juifs attentifs aux conséquences que ce départ aura pour eux (v. 31 à 36). A la suite de chacun de ces discours, Jean retrace les impressions diverses qui se manifestaient dans la foule.
La différence de ton entre ces trois témoignages est sensible : dans le premier l'apologie, dans le second la protestation, enfin dans le troisième l'avertissement.
1. La doctrine de Jésus : 7.14-24
1o Versets 14 à 18 : Son enseignement.