Donc, à l'ouïe de ces paroles qui trahissaient l'ignorance et les préjuges de ses auditeurs, Jésus est ému, et d'une voix élevée et forte, il s'écria, disant. Il veut faire pénétrer dans les esprits la solennelle déclaration qui va suivre. (Ce même verbe est employé pour désigner une parole vibrante, Jean 1.15 ; 7.37 ; 12.44 ; Romains 9.27)
Jean remarque encore ici que Jésus parlait dans le temple : (verset 14) c'est que l'entretien qu'il rapporte prend une importance et une solennité plus grande, à ce moment où Jésus passe de la justification de son enseignement à l'affirmation de l'origine divine de sa personne.
De Wette, Meyer, Weiss et d'autres pensent que, dans ces paroles Jésus fait une concession à ses auditeurs : il leur accorde qu'ils ont une certaine connaissance de sa personne et de son origine humaines, mais cette connaissance est insuffisante et les empêche plutôt de croire en lui. (verset 27) Puis il leur déclare qu'ils sont dans une ignorance profonde sur son origine divine.
Mais la plupart des interprètes voient dans ces paroles une affirmation ironique ou une question : "(grec) Et vous me connaissez, et vous savez d'où je suis ?" Les paroles qui suivent leur montreront combien ils sont étrangers à cette connaissance.
Le et marque fortement l'antithèse et doit se traduire : et pourtant. Je ne me suis pas donné moi-même ma mission ; mais il en est un autre qui m'a envoyé et lui est véritable.
Ce dernier mot, si familier à Jean, ne signifie pas vrai, véridique, par opposition à faux, mais réel, authentique. (Jean 1.9 ; 6.32 ; 17.3 ; 1Jean 5.20) Il existe en réalité, et non pas seulement dans mon imagination, Celui qui m'a envoyé au monde, et ce fait emporte la réalité et la vérité divine de ma mission.
Mais Jésus ajoute : vous ne le connaissez pas, parole sévère qu'il ne faut pas entendre dans un sens absolu, puisque les Juifs faisaient profession de croire au seul vrai Dieu ; mais s'ils l'avaient connu d'une manière vivante comme le Véritable, ils auraient cru aussi en Celui qu'il a envoyé. (Jean 8.19)
Grâce à l'ignorance où ils sont de Dieu, ils ignorent d'où vient Jésus, celui-ci remplit donc les conditions faites au Messie par l'opinion courante. (verset 29) Jésus bat ainsi ses adversaires avec leurs propres armes.