Cette parole, tout en appliquant à Jésus présent (c'est lui) le témoignage prononcé la veille, probablement en son absence (v. 26-27), est destinée à résoudre l'énigme que renfermait cette déclaration : « Celui qui me suit m'a devancé. » La dernière proposition l'explique ; voir au v. 15. - Il est difficile de se décider entre les deux leçons περί, au sujet de, et ὑπέρ, en faveur de, qui conviennent toutes deux. - Le terme ἀνήρ (un homme dans la force de l'âge), qui ne se retrouve pas dans la citation de cette parole au v. 15, est inspiré au précurseur par la vue de Jésus présent sous ses yeux. Lücke. Meyer, Keil, pensent qu'au v. 30 le Baptiste se réfère, non au témoignage de la veille (v. 26 et 27), mais à quelque autre parole précédente qui ne serait mentionnée ni dans notre évangile, ni dans les synoptiques. Ils sont condamnés à cette supposition absurde par leur dépendance servile du texte alexandrin qui au v. 27 omettait les mots : qui m'a précédé. Weiss essaie d'échapper à cette difficulté en faisant porter la formule de citation : celui dont j'ai dit, v 30 uniquement sur les mots : vient après moi, et non sur les suivants : qui m'a précédé, expédient malheureux qui ne peut satisfaire personne. Car l'accent est précisément, comme le montre la fin du verset, sur les mots que Weiss traite ainsi comme insignifiants. Les partisans systématiques du texte alexandrin doivent donc se résoudre à reconnaître, dans ce cas encore, que ce texte n'est pas plus infaillible que le byzantin ou le gréco-latin.
Mais comment Jean-Baptiste peut-il s'enhardir à rendre un pareil témoignage à ce simple Juif, semblable à tous les autres, qu'il a là devant lui, et à le proclamer le Rédempteur des hommes, l'être que Dieu a tiré du sein de l'existence éternelle pour le donner au monde ? Il l'explique lui-même dans les v. 31 à 33 :