On a critiqué comme peu modeste cette réponse par laquelle Nathanaël semble accepter l'éloge renfermé dans le v. 48. Mais il veut seulement savoir sur quel fondement Jésus, qui le voit pour la première fois, le juge de la sorte. - Certainement, si l'on tient compte de l'impression extraordinaire que produit sur Nathanaël la réponse de Jésus (v. 50), celle-ci doit renfermer à ses yeux la preuve indubitable de la connaissance surnaturelle que Jésus a de lui. Lücke pense que cette connaissance s'applique uniquement à l'état moral de Nathanaël ; Meyer, au contraire, qu'elle ne s'applique qu'au fait extérieur de la séance sous le figuier. Mais pour bien comprendre la relation de cette parole de Jésus, d'un côté avec sa déclaration précédente (v. 48), de l'autre avec l'exclamation de Nathanaël (v. 50), il est indispensable de réunir les deux points de vue. Nathanaël ne constate pas seulement que le regard de Jésus l'a suivi en un lieu où sa vue naturelle ne pouvait l'atteindre : mais il comprend que ce regard a pénétré dans son intérieur et y a discerné un fait moral qui explique l'appréciation énoncée par Jésus au v. 48. Autrement la réponse de Jésus ne justifie plus cette appréciation, et l'on ne comprend pas qu'elle puisse provoquer l'exclamation de Nathanaël au v. 50, ni être présentée, v. 51 et 52, comme la première des œuvres miraculeuses du Seigneur. Que s'était-il passé en Nathanaël dans ce moment où il avait été sous le figuier ? Avait-il fait à Dieu la confession de quelque péché (Psaume 32.1-2), pris quelque sainte résolution, fait le vœu de réparer quelque tort ? Quoi qu'il en soit, des pensées sérieuses avaient rempli son cœur, de sorte qu'en entendant le mot de Jésus il sent qu'il a été sondé par un regard qui participe à la toute-science divine. - Les mots : avant que Philippe t'appelât, sont liés par Weiss à ce qui suit, dans ce sens : « Quand tu étais sous le figuier avant que Philippe t'appelât. » Mais ils portent bien plus naturellement sur le verbe principal : je t'ai vu. Et il en est de même de la seconde détermination : quand tu étais sous le figuier, qui se rapporte plutôt à ce qui suit qu'à ce qui précède. Car la situation dans laquelle Jésus l'a vu, importe plus que celle dans laquelle Philippe l'a appelé. - Le régime de ὑπό, à l'accusatif (τὴν συκῆν), avec le verbe de repos, provient de ce qu'à la relation locale se joint la notion morale d'abri. - J'ai vu désigne une vue telle que celle d'Elisée (2 Rois ch. 5). En Jésus, comme chez les prophètes, il y avait une vue supérieure qui peut être envisagée comme une association partielle à la vue parfaite de Dieu. - A ce mot, Nathanaël se sent comme traversé d'un rayon de lumière divine :