Le pronom οὗτος, celui-ci, résume toutes les données du verset précèdent, comme le οὗτος du v. 2 résumait toutes celles du v. 1. Le verbe ἦλθε, vint, indique un degré plus avancé que le ἐγένετο, parut, du v. 6 : c'est l'entrée de Jean dans son activité publique. - Ce rôle de témoin a, aux yeux de l'évangéliste, une telle importance qu'il le présente une première fois sans régime : comme témoin, ou (plus littéralement) en témoignage ; la seconde fois, en indiquant l'objet de ce témoignage. La première expression fait ressortir la qualité de témoin en elle-même (par opposition à la dignité supérieure du personnage qui suivra) : la seconde complète la notion de ce témoignage.
L'idée du témoignage est l'une des notions fondamentales de notre évangile. Elle est corrélative et inséparable de celle de foi. Le témoignage n'est rendu qu'en vue de la foi, et la foi n'est possible qu'au moyen du témoignage. La seule foi digne de ce nom est celle qui s'attache à un témoignage divin, en acte ou en parole. Le témoignage ressemble au tronc vigoureux du chêne : la foi, à la faible tige de la plante qui embrasse ce tronc et en fait son point d'appui. - Mais la lumière avait-elle besoin d'être attestée, signalée ? Le soleil ne se prouve-t-il pas lui-même ? Assurément si la Parole était apparue ici-bas dans la splendeur qui lui est propre la forme de Dieu, Philippiens 2.6), l'envoi d'un témoin n'eût pas été nécessaire. Mais elle devait apparaître enveloppée d'un voile épais (la chair, v. 14) : et dans l'état d'aveuglement où le péché avait plongé l'homme (v. 5, les ténèbres), il ne pouvait la reconnaître qu'à l'aide d'un témoignage. - L'évangéliste ajoute : afin que tous crussent pur lui ; évidemment : crussent en Christ par Jean, et non en Dieu par Christ, comme l'ont pensé Grotius et Ewald. Il ne s'agit pas du rôle de Christ, mais de celui de Jean. - Quand les critiques de l'école de Baur accusent notre auteur de statuer, de concert avec les gnostiques, deux espèces d'hommes, d'origines et de destinations opposées, les psychiques et les pneumatiques, ils semblent oublier ces mots : « afin que tous crussent par lui. » Nous trouvons ici un nouvel indice du rôle que le précurseur avait joué dans le développement de la foi de l'écrivain lui-même. A l'affirmation du fait, Jean ajoute, comme au v. 3, une proposition négative, destinée à exclure toute idée contraire.