Les plus stricts gardiens des rites concédaient bien au Messie ou à l'un de ses précurseurs le droit d'innover, en fait d'observances ; et si Jean s'était déclaré l'un de ces personnages, ils se seraient contentés de lui demander ses titres, et auraient gardé le silence sur son baptême, suffisamment légitimé par sa mission. En effet, il paraît ressortir de ce verset même que, sur le fondement de paroles telles que Ezéchiel 26.23,26 et Zacharie 13.1, on attendait une grande lustration nationale comme inauguration du règne du Messie. Mais Jean-Baptiste ayant expressément décliné l'honneur d'être l'un des prophètes attendus, la députation avait le droit de lui dire : « Pourquoi donc baptises-tu ? » - D'après la leçon du T. R. ni, ni, la pensée est celle-ci : « La supposition que Jean soit le Christ est écartée ; il ne reste donc pour motiver son baptême que de ce qu'il soit ou l'un ou l'autre des deux précurseurs attendus ; or il déclare n'être ni l'un ni l'autre ; pourquoi donc… etc. ? » Ce sens délicat de la négation disjonctive n'a pas été saisi ; de là, selon nous, la leçon alex. οὐδέ οὐδέ, ni non plus, qui met les trois cas sur le même plan. Les partisans du texte alex. en jugent autrement (Weiss, Keil, Westcott. etc.). - La position de Jean-Baptiste, en face de cette question et à la suite de sa réponse précédente, devenait difficile. C'était bien sur ce résultat que les interrogateurs avaient compté.