L'aoriste ἠθέλησεν, voulut, indique assez naturellement une volonté qui se réalise. Ces mots : « Il voulut partir et il trouve, » sont donc équivalents à : « Au moment où il se décide à partir, il trouve… » Nous avons ici la juxtaposition des propositions si fréquente chez Jean (⇒). Cette manière de s'exprimer est inconciliable avec l'idée que Jésus n'aurait rencontré Philippe que plus tard, en Galilée ; celui-ci se trouvait donc dans les mêmes parages qu'André, Jean et Pierre, et par le même motif. Il importait à Jésus de s'entourer surtout de jeunes hommes qui eussent subi la préparation du ministère et du baptême de Jean-Baptiste. - La notice du v. 45 intercalée ici fait entendre que ce fut par l'intermédiaire des deux frères, André et Pierre, que Philippe fut mis en relation avec Jésus. D'un autre côté, le terme il trouve n'est pas compatible avec l'idée qu'ils le lui auraient positivement amené. Au moment du départ, Jésus le trouva probablement s'entretenant avec ses deux amis ; sur quoi il l'invita à se joindre à eux. Les mots : « Suis-moi, » signifient simplement : « Accompagne-moi dans ce voyage. » Mais Jésus savait bien ce qui devait résulter de ce lien une fois formé, et il est impossible que cette invitation n'eut pas dans sa pensée une portée plus considérable - Le verbe ἠθέλησεν, voulut, désigne une volonté réfléchie et nous conduit à rechercher quel fut le motif de la résolution que prit Jésus de repartir pour la Galilée. Hengstenberg pense qu'il voulait s'accommoder aux prophéties qui annonçaient que la Galilée serait le théâtre du ministère messianique. Cette explication ferait de la conduite de Jésus quelque chose d'artificiel. Selon d'autres, il voulait séparer son cercle d'activité de celui de Jean-Baptiste, ou bien aussi s'éloigner du siège de la hiérarchie qui venait de se montrer peu favorablement disposée envers le précurseur. Le récit subséquent 2.12-22 me paraît conduire à une autre solution. Jésus devait inaugurer son ministère messianique à Jérusalem ; mais il voulait attendre pour cela l'époque solennelle de la fête de Pâques. Auparavant donc, il se décide à retourner au sein de sa famille et à clore, dans les jours qui restent jusqu'à la Pâque, la période de sa vie privée.