Dans ce rapide dialogue, les questions sont dictées par l'attente, alors générale, d'un envoyé de Dieu. Cette attente, qui avait été excitée par l'apparition de Jean-Baptiste, se reportera plus tard sur Jésus lui-même. (Matthieu 16.14)
- Quoi donc ? demandent-ils, qu'est ce à dire ? que se passe-t-il donc ? (B porte : qu'es-tu donc ?)
Il y a, dans cette question, quelque impatience.
- Jean-Baptiste nie qu'il soit Elie. Il est vrai qu'il le représentait spirituellement (Malachie 4.5 ; comparez Luc 1.17 ; Matthieu 11.14 ; 17.11,12) ; mais comme les délégués du sanhédrin, dans leurs vues charnelles pensaient à un retour personnel d'Elie, il pouvait répondre négativement, car il n'était pas Elie dans le sens qu'ils donnaient a ce mot.
- Leur dernière question : Es-tu le prophète ? (non "un prophète"), était inspirée par Deutéronome 18.15.
Dans ce prophète que Dieu promettait par la bouche de Moïse, les uns voyaient le Christ lui même ; (Jean 1.46 ; 6.14 ; Actes 3.22 ; 7.37) d'autres, seulement l'un de ses précurseurs. (Jean 7.40,41) Cette dernière opinion était celle des députés du sanhédrin.
Jean-Baptiste répond encore non, parce que, dans son humilité, il ne veut pas se proclamer lui-même un prophète "semblable à Moïse."
-"Il repousse loin de lui-même tous les hommages, afin de confesser Christ et de conduire à Christ ceux qui l'interrogent."Bengel.