Les mots ὕδωρ οἶνον γεγενημένον l'eau devenue vin, ne comportent pas d'autre sens que celui d'une transformation miraculeuse. Le procédé naturel par lequel la sève aqueuse se transforme chaque année dans le cep de vigne (Augustin), ou celui par lequel se forment les eaux minérales (Néander), offrent bien une lointaine analogie mais nullement un moyen d'explication. - La parenthèse qui comprend les mots καὶ οὐκ… ὕδωρ présente une construction parfaitement analogue à celles de 1.10 et 6.21-23. Cette parenthèse a pour but de faire ressortir la réalité du miracle en rappelant, d'une part, que les domestiques ne savaient pas que c'était du vin qu'ils apportaient et, de l'autre, que le chef du banquet n'avait point été présent quand le fait s'était passé. Weiss fait encore dépendre de ὡς la proposition καὶ οὐκ ᾔδει πόθεν ἐστίν et ne commence la parenthèse qu'avec οἱ δέ… Cela est possible sans doute, mais moins naturel, me paraît-il. - Il appelle l'époux, qui était dans la chambre du repas. On a voulu à toute force donner une valeur religieuse au mot plaisant du chef du banquet, en y attribuant un sens symbolique : d'un côté, le monde, commençant par offrir à l'homme ce qu'il a de meilleur pour l'abandonner ensuite à son désespoir ; de l'autre, Dieu, se surpassant toujours lui-même dans ses dons et, après la loi austère, offrant le vin délicieux de l'Evangile. Rien de pareil n'était en tous cas dans la conscience de celui qui parlait, et aucun indice ne montre que l'évangéliste ait attaché un pareil sens à cette parole. Ce mot est simplement rapporté pour montrer avec quel plein abandon Jésus s'était livré à la joie commune, en donnant non pas seulement abondamment, mais excellemment. C'était aussi là un des rayons de sa δόξα (gloire). Du reste, il n'est nullement nécessaire d'atténuer le sens de μεθυσθῶσι, s'enivrer, pour écarter des invités à la noce tout soupçon d'intempérance Cette parole a un sens proverbial et ne se rapporte point à la société de Cana.