1 Et se levant tous ensemblea 1a litt. : Et toute leur multitude se levant. , ils le menèrent à Pilate. 2 Et ils se mirent à l’accuser, disant : Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nation et défendant de donner le tribut à César, se disant lui-même être le Christ, un roi. 3 Et Pilate l’interrogea, disant : Toi, tu es le roi des Juifs ? Et répondant, il lui dit : Tu le dis. 4 Et Pilate dit aux principaux sacrificateurs et aux foules : Je ne trouve aucun crime en cet homme. 5 Mais ils insistaient, disant : Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, ayant commencé depuis la Galilée jusqu’ici. 6 Et Pilate, ayant entendu parler de la Galilée, demanda si l’homme était Galiléen. 7 Et ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode qui, en ces jours-là, était lui-même aussi à Jérusalem.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 23. 1 à 25
Jésus devant Pilate et Hérode.
Voir, sur le procès de Jésus devant Pilate, Matthieu 27.1,2,11-30, notes ; Marc 15.1-20, notes ; Jean 18.28-19.16, notes.
v. 1-2 · Godet · 18/10/2026
Depuis que la Judée avait été réduite en province romaine, à la suite de la destitution d'Archélaüs, l'an 7 de notre ère, l'autorité juive avait légalement perdu le jus gladii que se réservaient partout les Romains dans les provinces incorporées à l'empire. Peut-être, comme Langen le conclut avec vraisemblance de Jean.18.30-31, les gouverneurs précédents s'étaient-ils relâchés de la rigueur du droit public sur ce point, et Pilate était-il le premier qui eût réduit les Juifs à leur stricte compétence légale. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Les Juifs formulent ici une accusation politique, qui peut se décomposer en trois chefs principaux :
1° Il soulève (grec détourne, pervertit) notre nation . Ceci avait rapport aux enseignements de Jésus, à l'influence qu'il exerçait sur le peuple, qu'il détournait ainsi de ses conducteurs spirituels.
2° Il empêche de payer les impôts à l'empereur, ce qui pouvait être beaucoup plus grave aux yeux du gouverneur romain. Cette allégation, conservée par Luc seul, était un mensonge insigne, car Jésus avait donné l'ordre positif de payer le tribut à César. (Luc 20.25 ; Matthieu 22.21 ; Marc 12.17) […]
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Tu le dis , hébraïsme qui signifie : Oui, je le suis .
Cette franche confession de sa royauté, faite par Jésus devant Pilate sans aucune explication, se trouve dans les trois premiers évangiles. Mais, d'après Jean, (Jean 18.33-37) le Sauveur eut avec le gouverneur un entretien sur la nature de cette royauté. Sans ce récit de Jean, on ne comprendrait pas comment Pilate conclut ici (verset 4) à l'innocence de Jésus.
v. 3-5 · Godet · 18/10/2026
Les quatre récits se rencontrent dans cette question que Pilate adresse à Jésus. Nous savons par Jean que Jésus était dans le prétoire, tandis que les Juifs stationnaient sur la place ; Pilate allait d'eux à lui et de lui à eux. La brève réponse de Jésus : Tu le dis, étonne. Mais il résulte de Jean que ce mot-là n'est que le résumé d'un entretien assez long qui eut lieu entre Jésus et Pilate, et que la tradition orale n'avait pas conservé. Pilate était assez intelligent pour pénétrer ce que valait ce zèle subit que manifestait le Sanhédrin pour la domination romaine en Palestine. […]
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce mot il agite ou trouble le peuple devait encore avoir, aux yeux de Pilate, une signification politique, et le verbe est au présent pour indiquer que Jésus cause habituellement ce trouble, et maintenant même, ici , à Jérusalem, comme il l'a fait en Galilée .
Les accusateurs font sans doute allusion aux foules qui suivaient Jésus avec enthousiasme, lors de son entrée à Jérusalem.
v. 6-7 · Godet · 18/10/2026
Luc seul raconte ce trait remarquable. L'habile Romain atteignait par cette démarche deux buts à la fois. D'abord il se débarrassait de cette affaire qui lui pesait ; puis il faisait le premier pas pour se réconcilier avec Hérode (v. 12). La cause de leur rupture avait été probablement un conflit d'autorité. Le meilleur moyen de renouer avec lui était, donc de lui concéder une compétence dans la ville même de Jérusalem. Hérode se trouvait, comme Pilate, dans la capitale à cause de la fête. Il habitait d'ordinaire le vieux château des rois asmonéens, dans la ville haute, nommée (à tort) mont de Sion.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Entendant (le mot) Galilée ...
Sin., B retranchent Galilée .
- Pilate, convaincu de l'innocence de Jésus, (verset 4) voyant clairement que les accusateurs n'agissaient que par haine, (Matthieu 27.18) devait désirer de ne pas souiller son gouvernement de ce meurtre juridique ; mais comme, d'autre part, il craignait que les Juifs ne l'accusassent auprès de l'empereur, (Jean 19.12) il se voit en grande perplexité, sans avoir au dedans de lui le secours puissant de la conscience, qui seule donne la force de dire : "Je ne puis pas."
Il s'engage dans une série de manœuvres pour délivrer Jésus. […]
8 Et Hérode, voyant Jésus, se réjouit fort ; car il y avait longtemps qu’il désirait de le voir, parce qu’il avait entendu dire plusieurs choses de lui ; et il espérait voir quelque miracleb 8b litt. : signe. opéré par lui. 9 Et il l’interrogea longuement ; mais il ne lui répondit rien. 10 Et les principaux sacrificateurs et les scribes se tinrent là, l’accusant avec véhémence. 11 Et Hérode, avec ses troupes, l’ayant traité avec mépris et s’étant moqué de lui, le revêtit d’un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate. 12 Et Pilate et Hérode devinrent amis entre eux ce même jour ; car auparavant ils étaient en inimitié l’un avec l’autre.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce prince débauché, superstitieux et sans caractère, (voir Matthieu 14.1-11) désirait, pour satisfaire une vaine curiosité, voir le prophète dont la renommée remplissait ses Etats. (Luc 9.9)
Le texte reçu porte : "il avait ouï dire de lui beaucoup de choses ," mot qui est omis par Sin., B, D, la plupart des majuscules et quelques versions.
v. 8-12 · Godet · 18/10/2026
Jésus était pour Hérode et sa cour blasée ce que peut être pour de pareilles gens un prestidigitateur habile : un objet de curiosité. Mais Jésus ne se prêta point à ce rôle ; il n'eut ni paroles, ni miracles, pour un homme ainsi disposé, dans lequel il contemplait d'ailleurs avec horreur le meurtrier de Jean-Baptiste. Devant cet être, composé monstrueux de sanglante légèreté et de sombre superstition, il se renferma dans un silence que les accusations mêmes du Sanhédrin (v. 10) ne purent le porter à rompre. Hérode, blessé et humilié, se vengea de cette conduite par le mépris. L'expression de vêtement brillant (v. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : il l'interrogeait par beaucoup de paroles, mais lui-même (Jésus) ne lui répondit rien .
Le verbe à l'imparfait indique qu'en effet l'interrogatoire dura longtemps ; mais jusqu'au bout le Sauveur garda le silence.
Ce silence significatif disait au meurtrier de Jean-Baptiste qu'il était moralement incapable et indigne d'entendre une seule parole du Sauveur, et bien plus encore de lui voir faire un miracle .
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Ils pouvaient répéter devant Hérode, qui était Juif, les mêmes accusations qu'ils avaient articulées, soit devant le sanhédrin, soit devant Pilate.
Mais Hérode connaissait trop bien Jésus, par sa réputation en Galilée, pour entrer dans leurs vues.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Hérode, blessé du silence de Jésus, se venge de lui par le mépris , montre en même temps qu'il n'a rien à craindre d'un tel roi, et dédaigne de le juger.
Il n'avait pas toujours pensé ainsi (Luc 9.9 ; comparez Luc 13.31) ; mais il parait que les remords, qui lui avaient jadis inspiré de la crainte, étaient étouffés.
Le vêtement éclatant dont il revêtit Jésus pouvait être la toge blanche que portaient les candidats aux grands emplois de l'Etat, ou un manteau royal ; dans l'un et l'autre cas, Hérode parodiait avec mépris l'idée de la royauté de Jésus. C'est là ce qu'imitera bientôt Pilate, en couvrant Jésus d'un manteau de pourpre et d'une couronne d'épines !
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
On ignore quelle était la cause de cette inimitié ; peut-être quelque conflit de compétence. Mais Hérode, peu habitué aux prévenances du gouverneur romain, fut flatté d'un acte par lequel Pilate reconnaissait son autorité, même à Jérusalem ; de là leur réconciliation.
On voit fréquemment les grands du monde oublier leurs rivalités et leurs haines, pour unir leurs efforts contre Jésus et sa cause. (Actes 4.27)
13 Et Pilate, ayant assemblé les principaux sacrificateurs, et les chefs, et le peuple, 14 leur dit : Vous m’avez amené cet homme comme détournant le peuple, et voici, l’ayant examiné devant vous, moi je n’ai trouvé aucun crime dans cet homme quant aux choses dont vous l’accusez, 15 ni Hérode non plus, car je vous ai renvoyés à lui ; et voici, rien n’a été fait parc 15c ou : établi contre. lui qui soit digne de mort. 16 L’ayant donc châtié, je le relâcherai. 17 Or il était obligé de leur relâcher quelqu’un à la fête. 18 Et toute la multitude s’écria ensemble, disant : Ôte celui-ci, et relâche-nous Barabbas 19 (qui avait été jeté en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour meurtre). 20 Pilate donc s’adressa de nouveau à eux, désirant relâcher Jésus. 21 Mais ils s’écriaient, disant : Crucifie, crucifie-le ! 22 Et il leur dit pour la troisième fois : Mais quel mal celui-ci a-t-il fait ? Je n’ai rien trouvé en lui qui soit digne de mort ; l’ayant donc châtié, je le relâcherai. 23 Mais ils insistaient à grands cris, demandant qu’il soit crucifié. Et leurs cris et ceux des principaux sacrificateurs eurent le dessus. 24 Et Pilate prononça que ce qu’ils demandaient soit fait. 25 Et il relâcha celui qui, pour sédition et pour meurtre, avait été jeté en prison, lequel ils demandaient ; et il livra Jésus à leur volonté.
v. 13-16 · Godet · 18/10/2026
Pilate commence par formuler le résultat de tout ce qui s'est fait jusqu'ici. - A côté des grands sacrificateurs, il y avait dans le Sanhédrin les notables du peuple, les ἄρχοντες. Il n'est pas ici parlé des scribes. Le peuple se trouvait rassemblé sur la place autour de ses chefs. - Ἀποστρέφοντα : détournant le peuple de l'obéissance à César.
Verset 15. D'après la leçon reçue : Car je vous ai renvoyés à lui, Pilate mentionnerait l'envoi qu'il a fait de Jésus à Hérode, comme une preuve de son impartialité ; il a lui-même fait appel au jugement du souverain national. D'après la leçon des alex. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Pilate, voyant qu'il n'avait pas réussi à se débarrasser de cette affaire en la renvoyant à Hérode, recourt à un autre expédient.
Il rappelle auprès de lui les chefs et tout le peuple, et leur déclare encore une fois que, dans son premier interrogatoire, il n'a trouvé en Jésus aucun motif de condamnation, et qu'Hérode aussi l'a trouvé innocent, puisqu'il l'a renvoyé .
Il leur propose donc de le châtier , afin de leur donner quelque satisfaction, et de le relâcher ensuite. […]
v. 17-19 · Godet · 18/10/2026
Si le v. 17 était authentique, la liaison serait celle-ci : « Je le relâcherai, car je suis même obligé par l'usage de vous relâcher un prisonnier. » Il se donnerait l'air de supposer que le peuple redemandera Jésus. Mais ce verset doit probablement être retranché comme inauthentique. Il a sans doute été formé d'après Matthieu.27.15 et Marc.15.6, pour suppléer au silence de Luc sur cet usage. La demande du peuple : « Relâche-nous Barabbas, » se rattache simplement chez lui au : « Je le relâcherai, » du v. 16. Cependant il ne serait pas impossible d'admettre qu'au v. 16 Pilate pensait déjà à cet usage et qu'au v. 18 le peuple soit entré dans sa pensée. Ce qui pourrait rendre l'omission du v. […]
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Le peuple répond à Pilate en réclamant à grands cris la mort de Jésus. Tel est le sens de ce mot : Ote celui-ci .
Mais comment l'idée lui vient-elle de demander la liberté de Barabbas ? Les trois autres évangélistes rappellent ici le privilège qu'avait le peuple juif d'obtenir la liberté d'un prisonnier à la fête de Pâques ; d'après Matthieu, Pilate pose au peuple cette question : "Lequel voulezvous que je vous relâche : Barabbas ou Jésus ?" Pour réparer cette omission de Luc, le texte reçu a introduit le verset 17 "Or il était obligé de leur relâcher quelqu'un à chaque fête." (Matthieu 27.15 ; Marc 15.6 ; Jean 18.39)
Ce verset 17, bien qu'il se lise dans Sin., plusieurs majuscules, l'Itala et d'autres versions et que D le place après le verset 19, doit être retranché d'après B, A, et d'autres témoignages.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Marc Marc 15.7 caractérise ce criminel de la même manière que Luc, mais sans nous dire en quelles circonstances avaient eu lieu cette sédition et ce meurtre .
Jean (Jean 18.40) appelle Barabbas un brigand.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Le contenu de cette nouvelle allocution de Pilate n'est pas indiqué.
(Comparer Jean 19.4-12)
v. 20-23 · Godet · 18/10/2026
Le contenu de l'allocution indiquée par le πα'λιν δὲ προσεφώνησε, et il s'adressa de nouveau à eux, v. 20, n'est pas mentionné ; mais il résulte de ces mots : « cherchant à le délivrer. » Cependant Pilate est interrompu, avant d'avoir énoncé toute sa pensée, par les cris des Juifs, v. 21. Sa réponse (v. 22) respire l'indignation. Par le τρίτον, pour la troisième fois, Pilate fait allusion aux deux déclarations v. 4 et v. 14-15. Le car porte sur l'idée de crucifixion, v. 21 : « Le crucifier ? Car il a fait… quel mal ? » Malheureusement l'indignation de Pilate est accompagnée d'une lâcheté qui la paralyse. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
D'après le récit de Luc, c'est en effet la troisième fois que Pilate déclare Jésus innocent. (versets 4,14) Et il réitère (verset 16) l'offre de faire châtier Jésus.
Luc ne mentionne pas l'exécution de ce châtiment.
Matthieu (Matthieu 27.26) et Marc (Marc 15.15) rapportent que la flagellation eut lieu après le prononcé de la sentence, tandis que Jean (Jean 19.1) la présente comme un des moyens que Pilate employa pour libérer Jésus, en excitant la pitié du peuple.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Redoublaient , devenaient plus forts, ou, mieux encore, prévalaient , l'emportaient sur toutes les résistances et sur tous les expédients de Pilate. Ce ne fut plus un jugement, mais un tumulte, une violence.
- Après les mots : leurs cris , le texte reçu ajoute : et ceux des principaux sacrificateurs .
Ces derniers mots manquent dans Sin., B, l'Itala, et sont probablement tirés des parallèles.
v. 24-25 · Godet · 18/10/2026
Ce passage est le seul dans toute cette narration où l'impression de l'historien perce à travers l'objectivité du récit. Les détails sur le caractère de Barabbas sont répétés (voir v. 19) pour faire ressortir tout ce que le choix d'Israël à eu d'odieux, et l'expression : il le livra à leur volonté, accentue fortement la lâcheté du juge qui renonce par là à son rôle de protecteur de l'innocence. Matthieu et Marc placent ici les mauvais traitements que Jésus eut à subir de la part des soldats romains ; c'est sans doute la scène racontée par Jean (Jean.10.1-3) et placée par lui avec raison avant la flagellation. […]
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Quel contraste tragique entre ces deux hommes, dont l'un est libéré et l'autre livré à la mort !
Luc résume admirablement son récit : il fait ressortir l'iniquité du choix du peuple, en répétant les titres de Barabbas, (versets 19,25) et accentue par ces expressions, qui ne sont pas exemptes d'ironie, la lâcheté du gouverneur romain : Pilate prononça que ce qu'ils demandaient fût fait , et : il le livra à leur volonté .
- Pour Jésus, ce fut une dernière amertume, de se voir préférer un brigand !
26 Et comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon, Cyrénéen, qui venait des champs, et le chargèrent de la croix, pour la porter après Jésus. 27 Et une grande multitude du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et le pleuraient, le suivait. 28 Mais Jésus, se tournant vers elles, dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ; 29 car voici, des jours viennent, dans lesquels on dira : Bienheureuses les stériles, et les ventres qui n’ont pas enfanté, et les mamelles qui n’ont pas nourri. 30 Alors ils se mettront à dire aux montagnes : Tombez sur nous ; et aux coteaux : Couvrez-nous ; 31 car s’ils font ces choses au bois vert, que sera-t-il fait au bois sec ? 32 Et deux autres aussi, qui étaient des malfaiteurs, furent menés avec lui, pour être mis à mort.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
La mort de Jésus 26 à 32
Le chemin de la croix.
Voir Matthieu 27.32 ; Marc 15.21, notes.
v. 26 · Godet · 18/10/2026
Jean indique, comme le moment où Pilate prononça la condamnation, la sixième heure ; Marc, comme celui où Jésus fut crucifié, la troisième. D'après la manière ordinaire de compter les heures chez les anciens (à partir de 6 heures du matin), ce serait midi chez le premier, 9 heures du matin chez le second. La contradiction paraît flagrante : Jésus jugé à midi d'après Jean et crucifié à 9 heures selon Marc ! Langen appuie par de nouveaux arguments un essai de conciliation souvent présenté : Jean compterait les heures comme nous le faisons aujourd'hui, c'est-à-dire à partir de minuit. […]
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette multitude se composait sans doute de la foule des curieux toujours et partout avides de pareils spectacles, mais il s'y trouvait aussi des femmes , qui sentaient vivement ce qu'il y avait de douloureux et de tragique dans la situation de Jésus, et savaient le distinguer des deux malfaiteurs qui marchaient à la mort avec lui ; car c'est sur lui qu'elles se lamentaient .
Ces femmes n'étaient pas de celles qui avaient suivi Jésus de la Galilée, mais des habitantes de Jérusalem. (verset 28)
Cependant Jésus ne reste pas insensible à leurs larmes, il s'arrête pour adresser la parole aux seuls êtres qui lui témoignassent quelque compassion. Il voudrait que son triste sort n'excitât pas seulement la sensibilité de leur cœur, mais produisît chez elles un réveil de la conscience ; et c'est pourquoi il leur fait entendre un solennel avertissement.
v. 27-32 · Godet · 18/10/2026
Tous ces détails sont particuliers à Luc. Au v. 27, nous voyons le sentiment populaire éclater par la bouche des femmes, non, comme le pense M. de Pressensé, de celles qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, mais des habitantes mêmes de Jérusalem. - Le καί aussi, du T. R. a plutôt été retranché qu'ajouté : « qui non seulement l'accompagnaient, mais encore se lamentaient. » - Les paroles de Jésus témoignent de son complet oubli de lui-même en ce moment, terrible ; elles renferment une allusion à Os.10.8. […]
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus ne veut pas garder pour lui-même la sympathie dont il est l'objet ; fidèle jusqu'à la fin à sa mission divine, il saisit ce moment d'attendrissement pour faire sentir à ces filles de Jérusalem le crime de leur ville et de leur peuple, aussi bien que leur propre péché.
C'est sur elles-mêmes qu'elles doivent pleurer et sur leurs enfants , qui seront les témoins et les victimes des redoutables jugements de Dieu que Jésus annonce.
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Heureuses ! car pour les enfants auxquels elles auraient donné le jour, il valait mieux qu'ils ne vinssent pas au monde. (Comparer Job 3.3-12 ; Jérémie 20.14-18)
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette expression du désespoir est empruntée à Osée 10.8. (Comparer Apocalypse 6.16)
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Si l'arbre vert et fertile est ainsi coupé, que sera-ce de l'arbre sec et stérile ? Ces images encore sont tirées de l'Ecriture. (Psaumes 1.3 ; Ezéchiel 17.24 ; 21.3)
Le sens est : Si le Saint et le Juste doit souffrir ces choses, quelle sera la fin de ce peuple corrompu et endurci qui le crucifie ? Et, d'une manière plus générale encore : "Si le juste est difficilement sauvé, que deviendront l'impie et le pécheur ?" (1Pierre 4.18 ; comparez Luc 11.31)
-"Ce dernier discours de Jésus (versets 28-31) est encore un grand monument, aussi bien de son renoncement que de la conscience de sa sainteté et de ses vues profondes sur les inévitables jugements de Dieu, que l'amour méprisé peut encore annoncer mais non détourner." Meyer.
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette coïncidence ne fut peut-être pas fortuite, mais un calcul de la haine des chefs, pour ajouter aux humiliations de Jésus cette nouvelle marque d'infamie.
Mais, comme l'observe M. Godet, "Dieu en a tiré la gloire de son Fils." (verset 39 et suivants)
33 Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche. 34 Et Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort. 35 Et le peuple se tenait là, regardant ; et les gouverneurs aussi se raillaient de lui [avec eux], disant : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, si lui est le Christ, l’élu de Dieu . 36 Et les soldats aussi se moquaient de lui, s’approchant, et lui présentant du vinaigre, 37 et disant : Si toi, tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. 38 Et il y avait aussi au-dessus de lui un écriteau en lettres grecques, romaines, et hébraïques : Celui-ci est le roi des Juifs.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
33 à 49
Jésus sur la croix.
Le crâne , ce mot a le même sens que l'hébreu : Golgotha . (Matthieu 27.33, note.)
v. 33 · Godet · 18/10/2026
Le lieu où fut crucifié Jésus est-il celui que l'on montre actuellement comme tel dans l'enceinte de l'église du Saint-Sépulcre ? La question ne paraît pas décidée encore. Sans doute ce lieu est aujourd'hui dans l'intérieur de la ville ; mais il serait possible qu'il se trouvât alors en dehors du mur d'enceinte. C'est ce que semblent prouver les traces de sépulcres récemment découvertes dans le voisinage du Saint-Sépulcre, puis le fait que le roc n'est pas recouvert de débris en cet endroit comme dans tout le reste de la ville actuelle. […]
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est la première des sept paroles de la croix, précieux joyau conservé par Luc seul, manifestation la plus sublime et la plus émouvante de l'amour divin qui s'oublie lui-même dans les souffrances les plus atroces pour ne penser qu'au salut des pécheurs.
Pour qui Jésus fait-il cette prière ? Ce n'est pas seulement, comme on l'a pensé, pour ces soldats romains qui en le crucifiant ne faisaient qu'obéir aveuglément aux ordres de leurs chefs.
Jésus prie pour ses ennemis, les vrais auteurs de son supplice. Mais ceux-ci ne savaient-ils pas ce qu'ils faisaient ?
Assurément, ils savaient qu'ils mettaient à mort un innocent ; mais non que cet innocent fût leur Messie, le Fils du Dieu vivant. […]
v. 34-38 · Godet · 18/10/2026
La prière de Jésus, racontée au v. 34, manque dans le Vaticanus et le Cantabrigiensis et dans quelques Mss. de l'Itala. Cette omission est probablement le résultat d'un accident. Car la Peschito et la plupart des documents de l'Itala, avec la grande majorité des Mjj., garantissent l'authenticité de cette parole, et le recours du brigand à la grâce de Jésus, quelques instants plus tard, ne peut guère s'expliquer que par l'impression qu'avait produite sur lui cette invocation filiale. On eût difficilement inventé les termes de cette prière. […]
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Matthieu 27.42,43, note, et Marc 15.31.
Selon notre évangile, le peuple ne faisait que se tenir là et regarder , les uns avec curiosité, les autres peut-être avec compassion, tandis que les magistrats , c'est-à-dire les membres du sanhédrin, (Matthieu 27.41) se moquaient de lui et l'injuriaient !
Le texte reçu, il est vrai, porte : Les magistrats aussi se moquaient avec eux ; ce qui implique les railleries de la foule.
Mais les expressions soulignées qui manquent, la première dans Sin., D, la seconde dans Sin., B, C, Itala, paraissent des adjonctions destinées à faire concorder le récit de Luc avec les autres.
- L'élu de Dieu signifie son Bien-Aimé, son Fils. (Luc 3.22 ; Esaïe 42.1)
Les chefs du peuple tournent en raillerie les deux titres sacrés en vertu desquels ils ont condamné Jésus à mort : le Christ, le Fils de Dieu .
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces soldats redisent avec ironie les mots qu'ils lisaient écrits sur la croix et qui avaient été le sujet d'accusation devant Pilate.
Il ne faut pas confondre ce trait, qui est particulier à Luc, avec celui que rapporte Matthieu. (Matthieu 27.48) D'après lui l'un des soldats présente à Jésus du vinaigre par humanité, parce qu'il l'a entendu exhaler une plainte douloureuse.
v. 38 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 27.37, note.
Le texte reçu avec Sir., A, Itala, porte : une inscription en lettres grecques, hébraïques et romaines .
Ces mots sont tirés de l'évangile de Jean.
39 Et l’un des malfaiteurs qui étaient pendus l’injuriait, disant : N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. 40 Mais l’autre, répondant, le reprit, disant : Et tu ne crains pas Dieu , toi, car tu es sous le même jugement ? 41 Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises : mais celui-ci n’a rien fait qui ne dût se faire. 42 Et il disait à Jésus : Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume. 43 Et Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.
v. 39 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est l'un des malfaiteurs qui injuriait ainsi le Sauveur, et non tous les deux, comme le rapportent Matthieu et Marc.
(Voir, sur cette différence, Matthieu 27.44, note.)
v. 39-43 · Godet · 18/10/2026
Matthieu et Marc attribuent les moqueries aux deux brigands. Les partisans de l'harmonie à tout prix entre nos récits pensent qu'ils commencèrent tous deux par blasphémer et que plus tard l'un des deux rentra en lui-même. Dans ce cas, il faut reconnaître que Matthieu et Marc ont ignoré ce changement de sentiment. Autrement, pourquoi ne l'auraient-ils pas signalé ? Ce qui me semble le plus naturel, c'est d'admettre qu'ils groupent les moqueurs par catégories et qu'ils ignorent le fait spécial rapporté par Luc. - Comment ce brigand avait-il été touché, convaincu ? Sans doute il avait tout d'abord été frappé du contraste entre la sainteté qui rayonnait en Jésus et ses propres méfaits (v. […]
v. 40 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Tu ne crains pas même Dieu , (il me semble que tu devrais le craindre) parce que tu subis ...
Ce crucifié est épouvanté de l'endurcissement de son compagnon de crime, dans le moment suprême où il subit son châtiment. C'est ce contraste qui lui inspire sa réprimande .
v. 41 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : rien fait qui ne fût à sa place, dans l'ordre .
Le malfaiteur éprouve un double sentiment aussi vif que profond : d'une part, celui de sa propre culpabilité devant les hommes et devant Dieu, et, d'autre part, celui de la parfaite innocence de Jésus.
v. 42 · Bible annotée · 18/10/2026
Nous conservons la leçon du texte reçu qui est confirmée par les anciennes versions (Itala, Syr.). Sir., B, C portent : et il disait : Jésus souviens-toi de moi ...
Tout est renfermé dans cette inimitable supplication : l'humilité qui ne demande qu'un souvenir , la confiance qui se jette dans les bras du Sauveur, la foi qui voit dans ce crucifié un roi auquel appartient le royaume spirituel qu'il viendra un jour établir dans sa puissance et sa gloire.
On se demande d'où pouvaient venir à cet homme, qui mourait comme malfaiteur, des sentiments si élevés de repentance et de piété.
La critique négative n'a pas manqué de révoquer en doute la vérité historique de ce récit. […]
v. 43 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus accorde à ce pécheur sauvé bien plus qu'il n'avait demandé. Non pas un simple souvenir dans un avenir plus ou moins lointain ; mais aujourd'hui , lui dit il, avant que la nuit règne sur la terre, je t'introduirai dans le séjour des bienheureux, où tu seras avec moi .
Jésus promettait cette suprême consolation à ses propres disciples attristés au moment de la séparation. (Jean 14.3 ; comparez 17 : 24.) […]
44 Or il était environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur tout le paysd 44d ou : sur toute la terre. jusqu’à la neuvième heure ; 45 et le soleil fut obscurci, et le voile du templee 45e la maison même. se déchira par le milieu. 46 Et Jésus, criant à haute voix, dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Et ayant dit cela, il expira.
v. 44-45 · Godet · 18/10/2026
Il y a évidemment dans ces phénomènes quelque chose d'extraordinaire, soit qu'on attribue leur caractère exceptionnel à une cause surnaturelle, ou qu'on n'y voie qu'une coïncidence providentielle. On ne peut méconnaître une relation profonde, d'un côté, entre l'homme et la nature, de l'autre, entre l'humanité et Christ. Car l'homme est l'âme du monde, comme le Christ est celle de l'humanité. - Les mots ἐφ’ ὅλην τὴν γῆν, sur la terre entière, se rapportent à la Terre-Sainte, comme 21.23, et peut-être aussi aux contrées environnantes. La cause de cette diminution de lumière ne peut avoir été une éclipse ; car c'était l'époque de la pleine lune. […]
v. 45 · Bible annotée · 18/10/2026
On peut traduire aussi : "il y eut des ténèbres sur tout le pays ."
Voir, au sujet de ces ténèbres , Matthieu 27.45, note ; et, au sujet du voile du temple , Matthieu 27.51, note. Quant aux indications relatives aux heures , voir Matthieu 27.45, note ; Marc 15.25, note.
Luc rapporte que le voile du temple se déchira avant la mort de Jésus, et ne parle pas du tremblement de terre ; selon Matthieu et Marc, ces phénomènes suivirent immédiatement la mort du Sauveur.
Au lieu de : "et le soleil s'obscurcit ," Sin., B, ont : "le soleil ayant manqué ou subi une éclipse ."
v. 46 · Bible annotée · 18/10/2026
Père ! Jésus, après un temps d'angoisses profondes, (Matthieu 27.46) a retrouvé le sentiment intime de confiance et d'amour qui l'unissait à Dieu ; et comme maintenant il sent la mort s'approcher et va perdre la conscience de lui-même, il remet son esprit dans les mains de ce Père qui veille sur lui. Il s'approprie pour cela les paroles du Psaumes 31.6.
En citant ce passage, Luc (selon Sin., B, A, C, Itala, Syr.) corrige le futur de la version des Septante, conservé par le texte reçu, et fait dire à Jésus : je remets . Le présent convient seul dans la bouche de Jésus expirant. […]
v. 46 · Godet · 18/10/2026
Ici se placent les deux paroles mentionnées par Jean : J'ai soif, et : Tout est accompli. On pourrait retrouver dans les mots : Et parlant à voix forte, l'équivalent du : Tout est accompli, qui, selon Jean, a précédé immédiatement le dernier soupir. Mais il est plus probable que, dans la pensée de Luc, le φωνήσας n'a pas d'autre contenu que le εἶπε, il dit, et que les deux verbes se rapportent à la parole dernière : « Père, je remets… » Cette parole exprime le fait que Jean raconte en ces termes : Il remit son esprit. - La dernière parole est une citation de Ps.31.6. Le futur παραθήσομαι, je remettrai, dans la leçon reçue, est tiré des LXX. […]
47 Et le centurion, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu , disant : En vérité, cet homme était juste. 48 Et toutes les foules qui s’étaient assemblées à ce spectacle, ayant vu les choses qui étaient arrivées, s’en retournaient, frappant leurs poitrines. 49 Et tous ceux de sa connaissance, et des femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient loin, regardant ces choses.
v. 47 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 27.54 ; Marc 15.39 notes.
Juste , innocent de ce dont on l'accusait.
"Mais cet hommage en impliquait un autre ; car Jésus s'étant donné pour le Fils de Dieu, s'il était un homme juste, il devait être plus que cela. C'est ce qu'exprime l'exclamation du centurion chez Matthieu et Marc. Deux fois, sur la croix, Jésus avait appelé Dieuson Père ; le centurion pouvait donc bien s'exprimer ainsi : c'était un juste ; c'était réellement le Fils de Dieu."**Godet.
v. 47-49 · Godet · 18/10/2026
Ces versets décrivent les effets immédiats de la mort du Seigneur, d'abord sur le capitaine romain (v. 47), puis sur le peuple (v. 48), enfin sur les adhérents de Jésus (v. 49). - Marc dit du centurion : Ayant vu. Ces mots se rapportent chez lui, comme il le dit lui-même, au dernier cri de Jésus et au fait de sa mort. Chez Matthieu et Luc, cette même expression se rapporte à tous les événements qui venaient de se passer. - Luc rend la parole de ce païen sous la forme la plus simple : Cet homme était juste, c'est-à-dire : Ce n'était pas un malfaiteur, comme on l'a prétendu. […]
v. 48 · Bible annotée · 18/10/2026
Le peuple de Jérusalem, séduit par ses chefs, avait demandé la mort du Sauveur ; (versets 4,13,18,21,23) vivement ému de tout ce qu'il vient de voir et d'entendre, il se frappe maintenant la poitrine en signe de remords et de douleur.
Ainsi commençait de s'accomplir la prophétie de Zacharie, (Zacharie 12.10) et ces hommes étaient les prémices de la conversion de milliers d'autres qui, en entendant Pierre, au jour de la Pentecôte, se sentiront également repris dans leur conscience. (Actes 2.37)
v. 49 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu nomme quelques-unes de ces femmes, ainsi que Jean, qui mentionne aussi la présence au pied de la croix de Marie, mère de Jésus, dont les synoptiques ne parlent pas. (Voir Matthieu 27.56, note.)
Par tous ceux de sa connaissance , il faut entendre les amis de Jésus, peut-être aussi quelques-uns des apôtres.
Se tenant à distance , à cause de la crainte dont ils étaient pénétrés, ils contemplaient ces choses , tout ce qui venait d'arriver, puis le départ du peuple, consterné de ce qu'il venait de voir. (verset 48)
De tels détails sont pris sur le fait.
50 Et voici, un homme nommé Joseph, qui était conseiller, homme de bien et juste 51 (celui-ci ne s’était pas joint à leur conseil et à leur action), qui était d’Arimathée, ville des Juifs, et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu … ; 52 celui-ci, étant venu à Pilate, lui demanda le corps de Jésus. 53 Et l’ayant descendu, il l’enveloppa d’un linceul, et lef 53f le, se rapporte à la personne. mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait jamais été déposé. 54 Et c’était le jour de la Préparation et le crépuscule du sabbat. 55 Et des femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, ayant suivi, regardèrent le sépulcre et comment son corps y avait été déposé. 56 Et s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, le sabbat, elles se tinrent en repos, selon le commandement.
v. 50 · Bible annotée · 18/10/2026
50 à 56
La sépulture.
Voir, sur la sépulture de Jésus, Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47, notes ; comparez Jean 19.38-42.
Chacun des quatre évangélistes caractérise Joseph d'Arimathée à sa manière, de sorte que réunis, ils nous donnent une idée assez complète de ce pieux et éminent Israélite.
Matthieu fait remarquer qu'il était "riche ;"
Marc le nomme "un conseiller de distinction" et ajoute, ainsi que Luc, "qu'il attendait, lui aussi, le royaume de Dieu ;"
Luc le désigne encore par ces deux épithètes importantes : un homme bon et juste.
Enfin, Jean nous apprend qu'il était "disciple de Jésus, mais en secret, à cause de la crainte des Juifs."
Et maintenant, à l'heure du danger, quand la cause du Sauveur parait perdue, cet homme, intimidé jusqu'alors, trouve le courage d'accomplir un saint devoir.
v. 50-53 · Godet · 18/10/2026
D'après Jean, les autorités juives demandèrent à Pilate de faire enlever les corps avant le commencement du jour suivant, qui était un sabbat extraordinaire. Car, lors même que Jésus et ses compagnons de supplice n'étaient point encore morts, ils pouvaient mourir avant la fin du jour qui allait commencer, et qui se trouverait souillé par là, et cela d'autant plus que, comme c'était un sabbat, on eût dû laisser là les corps (Deut.21.22). - Le crurifragium, ordonné par Pilate, avait pour but, non de donner immédiatement la mort aux condamnés, mais de la rendre inévitable et prochaine. Cela suffisait pour qu'on pût les détacher de la croix. […]
v. 51 · Bible annotée · 18/10/2026
Déjà avant la manifestation du Sauveur, Joseph était du nombre de ces pieux Israélites qui attendaient l'accomplissement des promesses de Dieu et l'établissement de son règne ; (Luc 2.25,38) c'est ce qu'indique le mot lui aussi , omis à tort par quelques manuscrits (Sin., B, C, D).
Sa conduite actuelle prouve qu'il avait reconnu en Jésus le fondateur de ce royaume.
v. 53 · Bible annotée · 18/10/2026
Matthieu nous apprend que ce sépulcre appartenait à Joseph luimême et qu'il était neuf. Luc et Jean attachent assez d'importance à ce dernier trait pour ajouter que personne n'y avait encore été mis .
Un tel sépulcre était plus honorable pour le Sauveur en préservant son corps du contact avec d'autres cadavres, qui, suivant la loi juive, lui auraient fait contracter une souillure.
v. 54 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce jour était la préparation du sabbat ; celui-ci allait commencer le vendredi soir au coucher du soleil.
Cette indication, ainsi que quelques autres dans les récits des synoptiques eux-mêmes, semble prouver que la mort de Jésus n'eut pas lieu au grand jour de la fête, le 15 nizan, car il serait étrange que celui-ci fût désigné par ce terme de préparation , et opposé à un simple sabbat.
Voir, sur cette question, Jean 13.1, note.
v. 54-56 · Godet · 18/10/2026
Dans la leçon au nominatif παρασκευή, préparation , ce terme doit probablement être pris dans le sens de vendredi, jour de préparation du sabbat ; comp. la Syriaque de Cureton qui traduit dans le sens de feria sexta. Avec la leçon alex., παρασκευῆς, ce mot pourrait avoir le même sens ; mais il peut aussi indiquer uniquement la qualité du jour ainsi désigné et s'appliquer par conséquent à la veille d'un jour de fête, quelconque, exigeant une préparation. Cette question du sens de παρασκευή est plus importante qu'il ne semble. […]
v. 55 · Bible annotée · 18/10/2026
Ici, comme au verset 49, Luc passe sous silence les noms de ces femmes, conservés par Matthieu et Marc. Elles suivirent Joseph jusqu'au sépulcre, soit par attachement au Maître qu'elles avaient perdu, soit à cause de leur intention indiquée au verset suivant.
v. 56 · Bible annotée · 18/10/2026
Marc (Marc 16.1) dit plus exactement qu'elles firent ces préparatifs le samedi soir après que le sabbat fût passé. Elles n'auraient pas eu le temps de les faire le vendredi soir, parce que le sabbat commençait au coucher du soleil. Leurs préparatifs achevés le samedi soir, il était trop tard pour procéder encore à l'embaumement du corps de Jésus ; voilà pourquoi elles ne vinrent au sépulcre que le dimanche matin.
Mais alors le Prince de la vie n'avait plus besoin de leurs aromates et de leurs parfums ; Dieu n'avait pas permis que son Bien-Aimé sentit la corruption. (Psaumes 16.10 ; Actes 2.27)