Le lieu où fut crucifié Jésus est-il celui que l'on montre actuellement comme tel dans l'enceinte de l'église du Saint-Sépulcre ? La question ne paraît pas décidée encore. Sans doute ce lieu est aujourd'hui dans l'intérieur de la ville ; mais il serait possible qu'il se trouvât alors en dehors du mur d'enceinte. C'est ce que semblent prouver les traces de sépulcres récemment découvertes dans le voisinage du Saint-Sépulcre, puis le fait que le roc n'est pas recouvert de débris en cet endroit comme dans tout le reste de la ville actuelle. Si ce n'est pas là le vrai emplacement, celui-ci doit très probablement se trouver au nord de la ville, un peu en dehors de la porte de Damas (voir Edersheim, II, 585). - Le nom de lieu du crâne (crâne en hébreu Gulgoleth, en araméen Gulgaltha, de galal, rouler) ne vient point du fait que les crânes des condamnés seraient restés là gisant ; il faudrait le pluriel : le lieu des crânes ; d'ailleurs l'on n'eût pas laissé là des ossements non ensevelis. Ce nom est dû à la forme arrondie et dénudée de la colline. - Matthieu et Marc rapportent ici que Jésus refusa la boisson étourdissante qui lui fut offerte. D'après Marc, c'était du vin aromatisé ; d'après Matthieu, du vinaigre mêlé de fiel[1]. Nous savons par le Talmud qu'il existait à Jérusalem une association de dames formée dans le but de procurer ce soulagement aux condamnés. (Voir p. 522.)
Des sept paroles que Jésus a prononcées sur la croix, les trois premières se rapportent aux personnes qui l'entourent : ses ennemis, son compagnon de supplice, sa mère et son ami ; elles sont comme son testament. Les trois suivantes : « Mon Dieu, mon Dieu… ; j'ai soif ; tout est accompli, » se rapportent à ses souffrances et à l'œuvre de salut qui se consomme ; les deux premières, aux angoisses de son âme et de son corps ; la troisième, au fruit obtenu par ce complet sacrifice. Enfin la septième et dernière : « Père, je remets…, » est le cri de la parfaite confiance au sein de la suprême défaillance. Trois d'entre ces sept paroles, toutes trois paroles de grâce et de foi, sont rapportées par Luc et par lui exclusivement.
Versets 34 à 38. Prière de Jésus ; moqueries :
Notes
[1] Les naturalistes anciens, Dioscoride, Galénus, attribuent une influence étourdissante à l'encens et à la myrrhe (Langen, p 302).