1 Or il dit à ses disciples : Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales a 1a scandale, ailleurs : occasion de chute ; c’est propr. : trébuchet, ou crochet de détente d’un piège. ; mais malheur à celui par qui ils arrivent ! 2 Mieux lui vaudrait qu’on lui mette au cou une meule d’âne, et qu’il soit jeté dans la mer, que de scandaliser un de ces petits. 3 Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère pèche, reprends-le, et s’il se repent, pardonne-lui ; 4 et si sept fois le jour il pèche contre toi, et que sept fois il retourne à toi, disant : Je me repens, tu lui pardonneras.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Enseignements divers. Chapitre 17. 1 à 10
Les scandales. Le pardon des offenses. La foi. Les œuvres.
Il faut entendre ici, comme souvent dans Luc, ce mot de disciples au sens large ; il ne s'agit pas seulement des apôtres.
- Les versets qui vont suivre (versets 1-10) ont été rattachés de diverses manières à ce qui précède, mais aucune de ces tentatives n'est satisfaisante.
Le plus naturel est de les considérer comme des fragments de discours. La plupart se retrouvent ailleurs. Ils traitent du scandale, (versets 1,2) du pardon des offenses, (versets 3,4) de la foi, (versets 5,6) du non-mérite des œuvres. (versets 7-10)
Comparer Matthieu 18.7, note. […]
v. 1-2 · Godet · 18/10/2026
La locution εἶπε δὲ πρός, or il dit à…, ne lie pas étroitement la parole suivante à ce qui précède, comme le ferait la formule ἔλεγεδέ, il disait, ou ἔλεγε δὲ καί, et il disait aussi, dont nous avons souvent remarqué la valeur chez Luc. C'est la simple transition historique. - Le mot ἀνεκδεκτόν, inacceptable, inadmissible, ne se trouve nulle part ailleurs ; il manque dans Passow. L'absence de scandales est une supposition inadmissible, étant supposé l'état de péché où est plongé le monde. - L'article τοῦ est omis à tort dans le T. R. Le sens est : « Il y a impossibilité de non venir… » L'expression les scandales (τά) désigne toute la catégorie des faits de ce genre. […]
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 18.6, note, et Marc 9.42.
Le texte reçu porte ici, comme dans Matthieu, une meule à âne , c'est-à-dire la meule d'un moulin mise en mouvement par un âne.
C'est là une simple correction d'après le premier évangile.
Il faut lire dans Luc, avec Sin., B, D, et l'Itala : une pierre de moulin .
- Sur ce qu'il faut entendre par un de ces petits , voir Matthieu 18.5, note.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette exhortation à la vigilance appartient évidemment à ce qui précède : Puisque le scandale est inévitable dans le monde, vous, mes disciples, prenez garde d'y donner lieu !
Mais peut-être cette parole a-t-elle aussi, dans la pensée de Luc, un rapport avec ce qui suit ; car nulle part nos relations ne sont plus difficiles qu'avec ceux qui pèchent et qui nous offensent.
Comparer Matthieu 18.15, note.
Le texte reçu avec D et la plupart des majuscules porte : pèche contre toi .
Si l'on retranche ces mots, avec Sin., A, B, l'Itala, on pourrait penser qu'il s'agit d'abord d'un péché qui ne nous concerne point personnellement, et que pourtant nous devons reprendre dans notre frère avec fidélité et charité.
Cependant, l'ordre de lui pardonner , s'il se repent , semble indiquer qu'ici déjà, comme au verset suivant, le Seigneur a en vue une offense personnelle.
v. 3-4 · Godet · 18/10/2026
Ce précepte, qui ne se rattache au précédent par aucun lien logique, a cependant sa place chez Matthieu dans le même discours (Matt.18.15-22) ; c'est ce qui explique peut-être comment ils étaient restés liés dans la tradition dont la forme a passé chez Luc. - Si l'on retranche au v. 3 le εἰς σέ, contre toi, avec les alex., on peut appliquer le terme de pécher à toute espèce de faute ; c'est ce que font plusieurs interprètes, comme Hofmann, Keil, etc. ; ils s'appuient sur le ἐπιτίμησον, reprends-le ; car, selon eux, la réprimande ne pourrait être adressée par l'auditeur s'il était lui-même l'offensé. Mais il faudrait admettre dans ce cas qu'au v. […]
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce développement de la pensée appartient à Luc seul. Le devoir du pardon des offenses, qui est un acte de la vraie charité, n'a pas de limites, parce que la charité n'en a point. (Comparer Matthieu 18.22, note.)
Il ne faut pas s'arrêter à cette supposition hyperbolique d'un homme assez dénué de caractère moral pour offenser un autre homme sept fois le jour , et en demander le pardon.
(Le texte reçu, avec A, des majuscules et des versions ajoute même : "et que sept fois le jour il revienne.")
Il faut simplement retenir cette vérité, que la charité pardonne toujours.
5 Et les apôtres dirent au Seigneur : Augmente-nous la foi. 6 Et le Seigneur dit : Si vous avez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à ce mûrier : Déracine-toi, et plante-toi dans la mer ; et il vous obéirait. 7 Mais qui est celui d’entre vous, qui, ayant un esclave labourant ou paissant [le bétail], quand il revient des champs, dise : Avance-toi de suite et b 7b ou : dise aussitôt : Avance-toi, et. mets-toi à table ? 8 Ne lui dira-t-il pas au contraire : Apprête-moi à souper et ceins-toi, et sers-moi jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; et après cela, tu mangeras et tu boiras, toi ? 9 Est-il obligé à l’esclave de ce qu’il a fait ce qui avait été commandé ? Je ne le pense pas. 10 Ainsi, vous aussi, quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites : Nous sommes des esclaves inutiles ; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Les apôtres , ainsi désignés pour les distinguer des disciples , (verset 1) ont pris au sérieux le devoir que Jésus vient de prescrire ; mais ce devoir leur parait impossible à remplir.
De là leur prière : Augmente-nous la foi (grec ajoute-nous de la foi. ) Ils sont donc assez éclairés pour sentir qu'une foi plus puissante que la leur, une foi qui change le cœur et qui soit opérante par la charité, (Galates 5.6) les rendra seule capables de pardonner, de pardonner toujours.
v. 5-6 · Godet · 18/10/2026
Il ne s'agit plus des disciples en général, mais spécialement des apôtres (v. 5). La question soulevée paraît, en effet, avoir été en rapport étroit avec la tâche apostolique. La foi à laquelle se rapportait cette demande était, comme le montre la réponse, non la foi qui donne la force de pardonner et par laquelle on est sauvé, mais celle par laquelle on opère des miracles au service du règne de Dieu ; comp. 1Cor.12.9 ; 13.2. - Cette demande des apôtres peut avoir été provoquée par quelque manifestation extraordinaire de la puissance de Jésus que les disciples désiraient pouvoir imiter dans l'accomplissement de leur mission, par exemple, le dessèchement du figuier stérile (Matth.21.20). […]
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Vous feriez ce qui semble absolument impossible ; car la foi s'empare de la puissance même de Dieu. Et même le moindre degré de cette vraie foi (si vous l'avez , selon Sin., A, B, majuscules, et non l'aviez ) vous donnerait ce pouvoir.
Jésus paraît supposer que les disciples ont assez de foi, qu'ils doivent seulement la mettre en œuvre ; peu importe que leur foi soit grande ou petite ; fût-elle comme un grain de sénevé , ils n'ont qu'à se servir d'elle et ils accompliront des prodiges.
- Deux fois cette déclaration de Jésus sur la puissance de la foi est répétée dans Matthieu, (Matthieu 17.20 ; 21.21) mais avec la comparaison d'une montagne transportée dans la mer, au lieu d'un mûrier .
v. 7-10 · Godet · 18/10/2026
Cette parole, propre à Luc, n'est en aucun rapport avec celle qui précède immédiatement. Les miracles ne sauraient être rangés dans la catégorie des διαταχθέντα, des choses ordonnées. Elle n'en clôt pas moins très convenablement toute cette série d'enseignements de Jésus qui se rapportent à l'esprit pharisaïque. Un esclave rentre le soir, après avoir travaillé tout le jour dans la campagne soit à labourer, soit à garder le troupeau. Le maître se livre-t-il envers lui à quelque démonstration de satisfaction extraordinaire ? Non ; tout continue à marcher dans la maison selon l'ordre établi. […]
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Il ne faut chercher aucune connexion entre ces versets et ceux qui précèdent. Luc seul a conservé cette instruction importante. Jésus démontre, par une comparaison tirée de la société d'alors, que jamais l'homme ne peut avoir de mérite devant Dieu. (verset 10)
Un esclave , dont tout le temps appartient à son maître, ne fait que ce qu'il est obligé de faire, quand, après avoir travaillé tout le jour, il sert encore à table le soir. Son maître ne lui en a point de reconnaissance particulière, tout cela lui était commandé .
- Les derniers mots : Je ne le pense pas , manquent dans Sin, B. etc. Tischendorf les omet, avec plusieurs critiques.
En tout cas, la pensée reste la même, car la question qui précède suppose une réponse négative.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette conclusion, qui applique la parabole aux rapports de l'homme avec Dieu, est d'une vérité incontestable.
Car, d'abord, aucun homme pécheur n'a fait tout ce qui lui était commandé par la loi, qui n'exige rien de moins que la perfection de l'obéissance. Mais l'eût-il fait, il aurait simplement accompli une obligation sacrée et n'aurait aucun mérite à faire valoir devant Dieu.
Un ange même ne saurait prétendre à un droit devant Dieu, à qui il doit ses services les plus parfaits. Il est lui-même un serviteur inutile , dans ce sens que Dieu n'a pas besoin de son obéissance. […]
11 Et il arriva qu’en allant à Jérusalem, il traversait la Samarie et la Galilée. 12 Et comme il entrait dans un village, dix hommes lépreux le rencontrèrent ; et ils s’arrêtèrent de loin ; 13 et ils élevèrent la voix, disant : Jésus, maîtrec 13c celui qui est au-dessus des autres. , aie pitié de nous ! 14 Et les voyant, il leur dit : Allez, montrez-vous aux sacrificateurs. Et il arriva qu’en s’en allant ils furent rendus nets. 15 Or l’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix ; 16 et il se jeta sur sa face aux pieds de Jésusd 16d litt. : à ses pieds. , lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain. 17 Et Jésus, répondant, dit : Les dix n’ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf, où sont-ils ? 18 Il ne s’en est point trouvé qui soient revenus pour donner gloire à Dieu , si ce n’est cet étranger. 19 Et il lui dit : Lève-toi, et t’en va ; ta foi t’a guéri e 19e litt. : sauvé..
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Scènes et instructions des derniers temps du voyage. Les dix lépreux. 11 à 19
Les dix lépreux
Luc donne ici une nouvelle indication de ce long voyage de Jésus vers Jérusalem, interrompu et retardé par diverses excursions et de nombreux travaux. (Luc 9.51, note.)
Dans ce moment il passait (grec traversait ) entre la Samarie et la Galilée , en se dirigeant de l'ouest à l'est vers le Jourdain et la Pérée. Il ne suit point, pour se rendre à Jérusalem, l'une des deux routes ordinaires, par la Pérée ou par la Samarie.
C'est ce que Luc indique par ce mot qui se trouve déjà à Luc 9.51 : lui-même , lui de son côté.
Cette mention de la Samarie, tout en indiquant le chemin que suivait Jésus, prépare le lecteur à trouver un Samaritain (verset 16) parmi les lépreux que Jésus va guérir.
v. 11-14 · Godet · 18/10/2026
La construction est hébraïque ; elle rappelle celle de 9.51. Le καὶ αὐτός paraît avoir ici, comme là, une force particulière. Jésus ne suit point l'une des routes ordinaires, celle de Samarie ou de Pérée, par lesquelles les Galiléens se rendaient à Jérusalem ; il suit un chemin à lui qu'il s'est tracé avec réflexion. - L'expression διὰ μέσου par le milieu, pourrait signifier : en traversant successivement ces deux contrées. C'est ce sens-là qu'admettent Olshausen et Gess. Jésus, qui venait de séjourner à Ephraïm (Jean.11.54), aurait visité à ce moment une dernière fois la Samarie, puis la Galilée, en les traversant du sud au nord. […]
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces malheureux lépreux , exclus par la loi de toute communication avec la société (Lévitique 13.46 ; comparez Matthieu 8.2, note), s'étaient réunis, afin de se rendre mutuellement les soins que tout le monde leur refusait.
C'est à cause de la même interdiction (Lévitique 13.46) qu'ils s'arrêtèrent à distance et durent ainsi élever la voix pour implorer la pitié de Jésus.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Les sacrificateurs avaient seuls le droit de constater la guérison d'un lépreux et de le réintégrer dans ses privilèges d'Israélite. (Lévitique 13.2 ; 14.3 ; Matthieu 8.4 note.)
Jésus n'estime pas que la guérison miraculeuse dont ils sont l'objet dispense ces lépreux d'observer la loi ; et, en même temps, comme ils devaient aller en se confiant en sa seule parole, c'était pour eux un exercice de foi (verset 19)
Ils furent guéris comme ils s'en allaient , dans l'acte même de leur obéissance à la parole de Jésus. Et cette guérison fut si complète, qu'ils ne purent pas en avoir le moindre doute. (verset 15)
v. 15-19 · Godet · 18/10/2026
Les neuf Juifs, voyant là une sorte de dû, continuent leur chemin, heureux de la guérison, mais le cœur fermé à la reconnaissance. Le dixième, Samaritain, pénétré plus profondément du sentiment de son indignité et de la gratuité de ce don, éprouve le besoin de témoigner sa gratitude au donateur. Il glorifie Dieu à haute voix, en poussant, des cris de reconnaissance (v. 15), mais sans oublier l'instrument humain (v. 10). Remarquez la différence entre δοξάζειν et εὐχαριστεῖν, rendre gloire et rendre grâces, adorer et remercier.
Verset 17. […]
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur les Samaritains , Matthieu 10.5,6, note.
Cet homme qui possède moins de lumières que ses compagnons israélites, les surpasse de beaucoup par son ardente reconnaissance pour un bienfait si inespéré.
Il en fait remonter la gloire jusqu'à Dieu , (verset 15) mais il n'oublie pas celui qui le lui a immédiatement conféré ; il lui en rend grâces avec une profonde humilité.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Mais les neuf où (sont-ils) ? Ils ne se sont point trouvés retournant pour donner gloire à Dieu, si ce n'est cet étranger !
Jésus prononce ces paroles avec la tristesse que lui inspire l'ingratitude des enfants de son peuple. "Les premiers seront les derniers." Jésus fait ressortir ailleurs le même contraste entre des Juifs et un Samaritain., (Luc 10.31-33)
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Ta foi t'a sauvé , et non guéri , comme traduisent ici et ailleurs nos anciennes versions.
La foi de cet homme, puis sa vive reconnaissance envers Dieu et envers le Sauveur, furent certainement le point de départ d'un développement tout nouveau dans sa vie religieuse, le dernier terme fut le salut le son âme. De là cette expression que Jésus emploie à dessein.
20 Or, étant interrogé par les pharisiens quand viendrait le royaume de Dieu , il leur répondit et dit : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à attirer l’attention ; 21 et on ne dira pas : Voici, il est ici ; ou, voilà, il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous. 22 Et il dit aux disciples : Les jours viendront où vous désirerez de voir l’un des jours du fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. 23 Et on vous dira : Voici, il est ici ; ou, voilà, il est là. N’y allez pas, et ne les suivez pas. 24 Car comme l’éclair qui brille, luit de l’un des côtés de dessous le ciel jusqu’à l’autre côté de dessous le ciel, ainsi sera le fils de l’homme en son jour. 25 Mais auparavant il faut qu’il souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté par cette génération. 26 Et comme il arriva aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il aux jours du fils de l’homme aussi : 27 on mangeait, on buvait, on se mariait, on donnait en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et le déluge vint, et les fit tous périr. 28 De même aussi, comme il arriva aux jours de Lot : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; 29 mais, au jour où Lot sortit de Sodome, il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr ; 30 il en sera de même au jour où le fils de l’homme sera manifesté. 31 En ce jour-là, que celui qui sera sur le toit et qui aura ses effets dans la maison, ne descende pas pour les emporter ; et pareillement que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière. 32 Souvenez-vous de la femme de Lot. 33 Quiconque cherchera à sauver sa vie, la perdra ; et quiconque la perdra, la gagnera f 33f ou : conservera ; litt. : vivifiera.. 34 Je vous dis qu’en cette nuit-là deux seront sur un même lit, l’un sera pris et l’autre laissé ; 35 deux femmes moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée ; 36 [deux seront aux champs, l’un sera pris et l’autre laissé]. 37 Et répondant, ils lui disent : Où, Seigneur ? Et il leur dit : Là où est le corps, là aussi s’assembleront les aigles.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
L'avènement du fils de l'homme. 20 à 37
La question des pharisiens et l'enseignement aux disciples.
Luc rapporte cette question des pharisiens sans indiquer les circonstances qui purent y donner lieu, ni les motifs qui la leur inspirèrent. A ce dernier égard, on ne peut guère supposer qu'ils voulussent simplement s'instruire auprès de Jésus sur ce sujet important. Comme à l'ordinaire, ils pensaient plutôt à l'éprouver, à le mettre dans l'embarras, ou à lui faire dire quelque hérésie dont ils pourraient profiter contre lui.
On sait d'ailleurs que les pharisiens se faisaient du royaume de Dieu et de la venue du Messie qui l'établirait des idées tout extérieures, politiques et terrestres. Ils attendaient le rétablissement glorieux du royaume d'Israël, délivré de tout pouvoir étranger. De là la réponse de Jésus sur la vraie nature de son règne.
v. 20-21 · Godet · 18/10/2026
On sait avec quelle impatience les pharisiens attendaient la manifestation du règne messianique. Il est naturel qu'ils désirassent connaître l'opinion de Jésus sur ce sujet. C'était probablement là l'un des buts de la visite de Nicodème (Jean.3). Il n'y a dans le texte aucun motif de voir dans cette question une moquerie (Calvin ) ou un piège tendu à Jésus (Meyer ). Sans doute, ils eussent été réjouis de le mettre dans l'embarras à cette occasion ou de lui arracher quelque hérésie. - Cette question reposait sur une notion très extérieure du royaume divin ; son avènement se présentait à leur esprit comme un grand et subit coup de théâtre. […]
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur le terme royaume de Dieu , Matthieu 3.2 note.
La venue du royaume de Dieu n'est point un événement qui se produit avec éclat, de manière à attirer les regards, à pouvoir être observé des yeux de la chair (grec avec observation ).
Et pour rendre sa pensée plus claire et plus pittoresque, Jésus ajoute qu'on ne dira point : (grec) voici, ici ! ou voici, là !
C'est un royaume spirituel et intérieur. Sans doute, les hommes éclairés par l'Esprit de Dieu peuvent reconnaître sa présence à des signes certains, et même il apparaîtra un jour avec un éclat et une gloire que nul ne pourra ignorer. (verset 23) Mais Jésus parle ici de son établissement actuel et progressif. […]
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer ce mais , qui établit une sorte d'opposition entre la réponse aux pharisiens et le discours adressé aux disciples : "Le royaume de Dieu est déjà présent au milieu de vous dans ses humbles commencements, inaperçu du monde ; mais le jour vient où il apparaîtra avec éclat aux yeux de tous." (verset 23)
- Matthieu (Matthieu 24) et Luc (Luc 21) ont conservé, l'un et l'autre, un grand discours prophétique de Jésus sur la ruine de Jérusalem et sur son retour pour le jugement du monde.
Notre évangéliste reproduit ici un discours analogue, où il n'est pas question de la ruine de Jérusalem, mais exclusivement de la seconde venu du Sauveur. […]
v. 22-25 · Godet · 18/10/2026
La suite des idées est celle-ci : Le royaume, dans le sens extérieur où l'entendent les pharisiens, ne viendra pas si prochainement (v. 22) ; et quand il viendra, on n'éprouvera pas d'incertitude au sujet de son apparition (v. 23-24). Le v. 25 revient à l'idée du v. 22.
Ἡμέραι (v. 22) : des jours, de longs jours, pendant lesquels les croyants auront le temps de gémir et de soupirer après la présence visible du Maître. Comp. 5.35. […]
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces deux versets 23 et 24, Matthieu 24.26,27, notes.
Là, cette même pensée est plus développée ; on voit que ceux qui diront : Il est ici, il est là , seront de faux prophètes et même de faux Christs.
17.24
Car, comme l'éclair qui brille à une extrémité du ciel, resplendit jusqu'à l'autre extrémité du ciel, ainsi sera le fils de l'homme en son jour.
L'avènement du Christ sera visible partout à la fois, comme l'éclair qui resplendit d'une extrémité à l'autre de l'horizon ; il ne sera pas nécessaire de courir ici ou là pour le voir.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Luc 9.22 ; Matthieu 16.21.
Ce jour de sa gloire doit être précédé, pour le Sauveur comme pour ses disciples, par les jours de la souffrance , tandis que le monde profane poursuivra son train de vie au sein de ses jouissances matérielles et de ses intérêts terrestres. (v.26-30.)
La génération qui rejettera son Sauveur, ce sont les Juifs, ses contemporains.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 24.37-39, note.
Quelques différences dans les termes, entre les deux évangélistes, sont sans importance pour la pensée.
v. 26-30 · Godet · 18/10/2026
Tandis que les croyants soupirent avec une ardeur croissante après le retour de leur Seigneur, une sécurité charnelle de plus en plus complète envahit l'humanité. C'est une époque semblable à celles qui ont précédé toutes les grandes catastrophes historiques. Les travaux de la vie terrestre s'accomplissent régulièrement ; mais le sentiment religieux disparaît de plus en plus du cœur des hommes mondanisés. Les jours de Noé désignent les 120 ans pendant lesquels se bâtissait l'arche. Ἐξεγαμίζοντο, étaient données en mariage : les jeunes filles par leurs parents. […]
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Genèse 19. Ce second exemple des jugements de Dieu, fondant à l'improviste sur un monde profane, a été conservé par Luc seul. Jésus en tire encore le sérieux avertissement du verset 31. On voit qu'il croyait à la réalité de l'histoire biblique et l'envisageait avec une grande hauteur de vues.
- Le terme : sera révélé , suppose que jusqu'alors le Sauveur est caché, voilé. (Colossiens 3.3) Sa venue sera sa révélation aux yeux du monde entier. (1Corinthiens 1.7 ; 2Thessaloniciens 1.7 ; 1Pierre 1.7)
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces paroles, Matthieu 24.17,18, notes.
Il faut remarquer que, dans le premier évangile, ces conseils se rapportent à la ruine de Jérusalem et à la précipitation avec laquelle les disciples devront fuir devant ces calamités.
Luc, qui parle ici de l'avènement du Seigneur, les entend dans un sens différent, mais également vrai : alors les disciples devront être détachés de tout, tout abandonner pour s'en aller au-devant du Seigneur. (verset 32)
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparer Luc 9.24 ; Matthieu 10.39, note.
17.32
Souvenez-vous de la femme de Lot !
Par ce souvenir historique, Jésus confirme l'exhortation qui précède. La femme de Lot , en fuyant Sodome, regarda en arrière, (Genèse 19.26) parce qu'elle n'avait pas renoncé de tout son cœur aux biens qu'elle laissait dans cette ville, et elle en porta la peine. Que sera-ce à la venue du Seigneur !
v. 31-33 · Godet · 18/10/2026
Jésus décrit la disposition d'âme qui, dans cette crise suprême, sera la condition du salut. Le Seigneur passe avec son cortège céleste. C'est l'affaire d'un clin d'œil. Il prend à lui tous ceux des habitants de la terre, qui, par leur détachement des biens terrestres, sont intérieurement prêts à le suivre et prennent vers lui un libre et joyeux essor. Les autres, retenus par le lien moral qui les attache aux biens d'ici-bas, restent en arrière. Ainsi précisément avait péri la femme de Lot avec les biens dont elle ne pouvait se séparer. […]
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus fit souvent entendre cette parole ; mais nulle part elle n'a une signification plus pénétrante que dans cette prophétie de son apparition.
- Au lieu de sauver sa vie, B et un autre majuscules portent acquérir sa vie. Ce terme, qui ne se trouve qu'ici, est probablement authentique.
Le dernier mot de la sentence peut se traduire (grec) : la conservera en vie ou l'engendrera, l'enfantera à la vie .
Si l'on admettait cette dernière interprétation, Jésus affirmerait que, par le renoncement absolu à sa vie propre et par le secours du SaintEsprit qui renouvelle tout son être, l'homme entre en possession d'une vie spirituelle et impérissable. Ce sens profond est admissible. (Comparer 1Timothée 6.13)
Toutefois Luc, dans un autre passage (Actes 7.19) emploie ce même verbe pour dire : être conservé en vie , et en ce sens le mot est plus directement l'opposé de : il la perdra .
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette nuit-là , la nuit, à l'heure des ténèbres et de la plus grande sécurité. (Luc 12.38 ; 40 ; Matthieu 25.6)
Ce moment solennel de la décision est aussi celui de la séparation, selon les dispositions intérieures de l'âme à l'égard du Sauveur. Alors les rapports les plus intimes de la vie terrestre seront brisés, c'est ce qu'indique ce premier exemple, que Luc seul a conservé.
Etre pris , signifie être reçu, accepté par le Seigneur, (Jean 14.3) tandis que être laissé veut dire être abandonné de lui.
v. 34-36 · Godet · 18/10/2026
[1][Il y aura deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé.]
Notes
[1] T. R. avec D U It. lisent seuls ce verset tiré de Matthieu.
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce second exemple se retrouve dans Matthieu 24.41. (Voir la note.)
Le texte reçu en ajoute un troisième, (verset 36) ainsi conçu : "Deux seront au champ, l'un sera pris et l'autre laissé." Ce verset n'est pas authentique dans le texte de Luc ; il a été copié de Matthieu. (Matthieu 24.40) Il manque dans la plupart des majuscules
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce sont les disciples qui, vivement frappés de ce discours, prennent la parole et demandent à Jésus : "Où aura lieu cette redoutable séparation que tu annonces ?"
Sa réponse signifie que ce sera partout où il y aura des âmes mûres pour le jugement définitif.
Quant à l'image par laquelle Jésus illustre cette réponse, voir Matthieu 24.28, note. Quelques majuscules portent : le cadavre ; cette leçon est tirée de Matthieu.
v. 37 · Godet · 18/10/2026
Bleek pense que, puisqu'il s'agit du retour du Seigneur comme juge, être pris doit signifier périr, et être laissé, signifier échapper. Mais le moyen παραλαμβάνεσθαι, prendre à soi, recueillir comme sien, ne peut avoir qu'un sens favorable (Jean.14.3). Et saint Paul a bien compris ce mot dans ce sens ; car ce n'est probablement pas sans relation avec cette parole qu'il enseigne 1Thess.4.17 l'enlèvement dans les airs des croyants vivants au retour de Christ ; c'est ici l'ascension des disciples, comme conséquence de celle du Maître. Ἀφιέναι : abandonner, laisser en arrière, comme 13.35. - L'exemple du v. 34 suppose que la Parousie a lieu de nuit, celui du v. […]