La locution εἶπε δὲ πρός, or il dit à…, ne lie pas étroitement la parole suivante à ce qui précède, comme le ferait la formule ἔλεγεδέ, il disait, ou ἔλεγε δὲ καί, et il disait aussi, dont nous avons souvent remarqué la valeur chez Luc. C'est la simple transition historique. - Le mot ἀνεκδεκτόν, inacceptable, inadmissible, ne se trouve nulle part ailleurs ; il manque dans Passow. L'absence de scandales est une supposition inadmissible, étant supposé l'état de péché où est plongé le monde. - L'article τοῦ est omis à tort dans le T. R. Le sens est : « Il y a impossibilité de non venir… » L'expression les scandales (τά) désigne toute la catégorie des faits de ce genre. Au lieu de μύλος ὀνικός, une meule mue par un âne, que lit T. R. d'après Matthieu, il faut lire, avec les alex. : λίθος μυλικός, une pierre meulière ; c'est une pierre de plus petite dimension, que l'on tournait à la main (v. 35). - Le châtiment auquel le v. 2 fait allusion, était usité chez beaucoup de peuples anciens et l'est encore aujourd'hui en Orient. La leçon de plusieurs documents de l'Itala, qui se trouve aussi chez Marcion : « Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne fut jamais né, ou qu'une pierre…, » provient sans doute d'une ancienne glose empruntée à Matth.26.24. Ce qui le confirme, c'est que Clément Romain présente déjà, dans sa première aux Corinthiens (46), la fusion des deux passages Matth.18.6-7 (parallèle au nôtre) et Matth.26.24. - Les petits sont les commençants dans la foi. - L'avertissement : prenez garde… (v. 3a), doit évidemment être rapporté à ce qui précède, non à ce qui suit ; il est motivé, d'un côté, par l'extrême facilité du scandale (v. 1), de l'autre, par le danger terrible auquel il expose celui qui le donne (v. 2). L'âme perdue, comme un éternel fardeau, s'attache à celui qui l'a entraînée au mal et l'entraîne à son tour dans l'abîme. - Même avertissement Matth.18.6 ; Marc.9.42, motivé soit par l'altercation qui avait eu lieu entre les disciples, soit par la réprimande intempestive adressée à celui qui chassait les démons au nom de Jésus sans se ranger parmi les disciples (Marc.9.38 ; Luc.9.49).
Versets 3b et 4. Le pardon des offenses :