Tandis que les croyants soupirent avec une ardeur croissante après le retour de leur Seigneur, une sécurité charnelle de plus en plus complète envahit l'humanité. C'est une époque semblable à celles qui ont précédé toutes les grandes catastrophes historiques. Les travaux de la vie terrestre s'accomplissent régulièrement ; mais le sentiment religieux disparaît de plus en plus du cœur des hommes mondanisés. Les jours de Noé désignent les 120 ans pendant lesquels se bâtissait l'arche. Ἐξεγαμίζοντο, étaient données en mariage : les jeunes filles par leurs parents. Les deux verbes ἦλθεν, il vint, et ἀπώλεσεν, fit périr, peuvent commencer des propositions nouvelles (Weiss) ; mais il me paraît plus significatif d'en faire la continuation de la phrase : « jusqu'au jour où Noé entra… et où le déluge vint, et… »
Versets 28-30. Le second exemple. La proposition ὡς ἐγένετο dépendrait selon Schanz d'un ἔσται sous-entendu (v. 26). Je pense avec Weiss que la principale se trouve au v. 30 (κατὰ ταῦτα, reprise de ὁμοίως καὶ ὡς) et que les verbes intermédiaires ἤσθιον, etc., ἔβρεξε, ἀπώλεσεν, sont des appositions de ὡς et les vrais sujets de ἐγένετο, d'après la construction hébraïque si fréquente chez Luc. - Ἔβρεξε est en général employé comme actif : Dieu fit pleuvoir. Comp. Gen.19.24 : καὶ κύριος ἔβρεξεν (Matth.5.45). Mais dans ce sens le ἀπ’ οὐρανοῦ ferait pléonasme ; et comme ce mot se trouve chez Polybe et les auteurs grecs postérieurs dans le sens neutre, il est plus naturel de le prendre ainsi dans ce cas-ci. Par là est maintenu le parallélisme entre les deux ἀπώλεσεν (v. 27 et 29) et entre leurs deux sujets κατακλυσμός et πῦρ καὶ θεῖον. Le présent ἀποκαλύπτεται, paraît, désigne cette apparition comme absolument certaine et transporte avec vivacité l'auditeur à ce moment solennel. Ce terme suppose que Jésus est là, quoique invisible, et qu'il ne faut qu'un lever de rideau pour qu'il paraisse ; comp. 1Cor.3.13 et l'emploi du mot ἀποκάλυψις 1Cor.1.7 ; 2Thess.1.7 ; 1Pier.1.7. Le point de comparaison entre cet événement et les deux exemples cités est la surprise au sein de la sécurité, suivie de la ruine. - Matth.24.37-39 renferme un passage parallèle aux v. 26-27 (l'exemple de Noé). L'idée est la même ; mais les termes si différents ne permettent pas d'admettre que les deux rédactions procèdent du même texte.
3o Versets 31-33. La condition pour être sauvé au moment du retour de Christ :