Pilate, voyant qu'il n'avait pas réussi à se débarrasser de cette affaire en la renvoyant à Hérode, recourt à un autre expédient.
Il rappelle auprès de lui les chefs et tout le peuple, et leur déclare encore une fois que, dans son premier interrogatoire, il n'a trouvé en Jésus aucun motif de condamnation, et qu'Hérode aussi l'a trouvé innocent, puisqu'il l'a renvoyé.
Il leur propose donc de le châtier, afin de leur donner quelque satisfaction, et de le relâcher ensuite.
- Le texte reçu, avec A, D, porte : (verset 15) je vous ai renvoyés à lui, au lieu de il nous l'a renvoyé ; la leçon que nous adoptons avec les meilleurs critiques exprime évidemment la pensée de Pilate ; car c'est le fait même qu'Hérode a renvoyé Jésus qui prouve que ce dernier n'a rien fait qui fût digne de mort.
- Le mot châtier n'indique pas quel genre de châtiment Pilate propose d'infliger à Jésus ; mais c'était évidemment l'horrible supplice de la flagellation, qui précédait toujours l'exécution d'une sentence de mort. (Voir Matthieu 27.26 note.)
Pilate espérait qu'après avoir fait subir à Jésus cette première partie du supplice, il obtiendrait de pouvoir l'exempter de la seconde. Il comptait sans la haine des accusateurs : ceux-ci repousseront une concession, qui est déjà un déni de justice, puisque Pilate avait déclaré l'accusé innocent.