C'est au moment où Jésus s'avança (grec sortit) hors du cercle de ces disciples ou de l'intérieur du jardin, que Judas, qui précédait la troupe, (Matthieu 26.47) lui donna son perfide baiser.
On a prétendu (de Wette) que puisque ce signal convenu avait déjà été donné, il devenait inutile pour Jésus de faire cette question : Qui cherchezvous ? et de se désigner lui-même par ce mot : C'est moi.
Ainsi on met le récit de Jean en contradiction avec celui des premiers évangiles. Mais on oublie que Jésus ne pouvait pas laisser croire qu'il était la dupe et la victime d'une indigne ruse ; il voulait, au contraire, prouver, dès l'abord, qu'il se livrait volontairement, héroïquement à la mort. Il voulait, en outre, protéger ses disciples du danger présent. (versets 8,9) Voilà pourquoi il s'avance au-devant de ses ennemis et se nomme à eux.
Pourquoi cette remarque, qui paraît superflue après le verset 3 ? Les interprètes l'expliquent de diverses manières. Les uns y voient une preuve de l'impudence du traître qui pouvait se tenir là en un tel moment (Lücke, Tholuck), d'autres (Meyer), le signe de ce qu'il y avait de tragique dans sa situation ; (Jean 17.12, note) de telles remarques sont très fréquentes dans notre évangile ; d'autres encore, parce que ces mots se trouvent entre la réponse de Jésus et l'effet redoutable qu'elle eut, (verset 6) pensent qu'ils doivent servir à expliquer cet effet, Judas aurait été, lui le tout premier, saisi de crainte, et son impression se serait communiquée aux autres. (Luthardt, Weiss, Godet.)
Il nous semble que l'opinion de Meyer est la plus simple et la plus vraisemblable.