Voir à 9.45. Cette répétition de la même idée et cette double expression pour l'énoncer ici même montrent combien les apôtres se sont étonnés plus tard de cette inintelligence persistante. - Le terme τὸ ῥῆμα désigne le fait de la mort, comme annoncé. « Pour tout ce qui est contraire au cœur naturel, comme le dit Riggenbach, il se produit dans l'homme un aveuglement. » - Matthieu et Marc racontent ici la demande des fils de Zébédée et ce qui a suivi. Si Luc était aussi ennemi des Douze qu'on le prétend et s'il employait les synoptiques, comment aurait-il omis ce trait ? Volkmar (die Evang., p. 501) a trouvé la solution : Luc veut bien se garder de heurter le parti judéo-chrétien qu'il désire gagner au paulinisme. Ainsi : rusé quand il parle, plus rusé quand il se tait, voilà Luc pour cette critique !
7. La guérison de Bartimée. (18.35-43)
Le récit très précis de Jean sert à compléter la narration synoptique. Le séjour de Jésus en Pérée s'était subitement terminé par l'appel de Jésus à Béthanie, auprès de Lazare (Jean.11). De Béthanie il se rendit à Ephraïm, du côté de la Samarie, où il se tint à l'écart, seul avec ses disciples (Jean.11.54). Ce fut, comme nous venons de le voir, à ce moment qu'eut lieu la troisième annonce de sa Passion. A l'approche de la fête de Pâques, descendant la vallée du Jourdain, il rejoignit à Jéricho les caravanes galiléennes qui arrivaient par la Pérée. Il avait résolu cette fois d'entrer à Jérusalem avec la plus grande publicité et de se présenter au peuple et au Sanhédrin en sa qualité de roi. C'était son heure, l'heure de sa manifestation, attendue dès longtemps par Marie (Jean.2.4), et que ses frères avaient prétendu lui faire anticiper (Jean.7.6-8). Nous avons déjà constaté (v. 15) la considération dont Jésus jouissait à cette époque. Le récit suivant en est une nouvelle preuve. Il retrace la situation (v. 35-39), la guérison (v. 40-42) et l'effet produit (v. 43).
Versets 35 à 39. La situation :