Ce court discours, ainsi que le passage parallèle Marc.12.38-40, n'est que le sommaire du grand discours Matth.23., dans lequel Jésus prononça la malédiction sur les scribes et les pharisiens. On peut l'appeler le jugement des autorités théocratiques ; c'est le prélude du grand discours eschatologique qui suit et qui annonce le jugement de Jérusalem, de l'Eglise et du monde (Matthieu ch. 24 et 25). - Dans le discours Matthieu ch. 23 sont certainement combinés deux discours différents, dont l'un nous a été rapporté par Luc (11.37 et suiv.) dans un contexte qui ne laisse rien à désirer, et dont l'autre a réellement été prononcé au moment où nous sommes arrivés et tel que nous le trouvons placé dans Marc et dans Luc, aussi bien que dans le premier évangile. Si nous n'en avons qu'un abrégé dans les deux premiers, c'est ou parce qu'il se trouvait sous cette forme dans les documents où ils l'ont puisé, ou parce qu'écrivant pour des lecteurs païens, ils n'ont pas cru devoir le leur transmettre en entier. - Θελόντων : qui se plaisent à. - On peut expliquer de deux manières les
spoliations indiquées par le terme : manger les maisons des veuves. Ou bien ils extorquaient à des femmes pieuses, sous prétexte d'intercéder pour elles, des présents considérables ; ou bien, ce qui est plus naturel et plus piquant, en raison de l'amphibologie qui s'attacherait par là au terme de manger, Jésus fait allusion aux repas somptueux qu'ils se faisaient servir chez ces femmes, en remplissant auprès d'elles l'office de directeurs de conscience. Dans ce second sens, πρόφασις proprement prétexte, signifierait plutôt apparence. Dans les deux cas, c'étaient les Tartuffes de l'époque. Les mots : une plus grande condamnation, renferment en abrégé tous les οὐαί, malheur ! de Matthieu.
8. L'aumône de la veuve. (21.1-4)
Ce morceau manque dans Matthieu. Pourquoi l'eût-il retranché, s'il eût eu sous les yeux, comme le veut Holtzmann, le document d'où, selon ce savant, Marc et Luc l'ont tiré ?