Jésus lui-même va expliquer cette parabole. (verset 47)
Le créancier, c'est lui, le débiteur qui doit le plus, c'est la pécheresse. Celui qui doit le moins, c'est Simon. Mais il est débiteur pourtant, et même il n'a pas de quoi payer, aussi bien que la pécheresse.
En effet, la dette, ce sont les péchés de Simon et de la pécheresse, (verset 47) et non les bienfaits qu'ils auraient reçus de Jésus comme l'ont prétendu quelques interprètes. Or, ces péchés, nul ne saurait en acquitter un seul ; devant Dieu tous les hommes sont parfaitement insolvables.
Et voici l'unique ressource du pécheur condamné, telle que Jésus la révèle dans le dernier mot de la parabole : il remit la dette à tous deux. (Grec : il donna par grâce ou il fit grâce à l'un et à l'autre.) La grâce, telle est la grande révélation, la bonne nouvelle apportée par Jésus aux hommes pécheurs.
Le texte reçu porte : dis-moi, après lequel des deux.
Ce mot manque dans Sin., B, D et la plupart des versions. Jésus, se fondant sur les sentiments naturels au cœur humain, admet que la générosité du créancier produira la reconnaissance, que le pardon produira l'amour, et cela en proportion de la grandeur du pardon.
Tel est en effet le principe de la morale évangélique confirmé par l'expérience du chrétien : "Nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier." (1Jean 4.19)