Le ἐπείδη de la leçon alex. se trouve dans le sens temporel chez Homère et d'autres écrivains, mais non dans le N. T. Cependant Tischendorf, Meyer, Weiss, Keil, etc., préfèrent cette leçon. - Il y a de la solennité dans ces expressions : ἐπλήρωσε, eut accompli, et εἰς τὰς ἀκοάς, aux oreilles du peuple. La proclamation qui vient d'avoir lieu est donnée comme quelque chose de complet. - La circonstance que ce miracle avait eu lieu précisément après ce discours, s'était gravée dans la tradition ; elle s'est conservée dans nos deux récits évangéliques. - Ce centurion était probablement un militaire romain au service d'Hérode ; il était prosélyte, mais seulement « de la porte, » selon le terme reçu (voir plus bas), et avait manifesté un zèle tout particulier pour sa nouvelle croyance (v. 5). - Au lieu de δοῦλος, esclave, Matthieu dit παῖςi ; mot qui peut signifier fils ou serviteur, et que Luc emploie dans ce second sens au v. 7. Bleek, Holtzmann, préfèrent dans Matthieu le sens de fils, « parce que, autrement, il faudrait admettre que le centurion n'aurait eu qu'un esclave, » Comme si on ne pouvait pas dire : « Mon domestique est malade, » lors même qu'on en a plusieurs ! Le sens de serviteur est plus probable, dans Matthieu, parce qu'il explique mieux le scrupule qu'éprouve le centurion à importuner le Seigneur. Si c'eût été son fils, il eût sans doute été plus hardi. - La maladie devait être, d'après les termes de Matthieu, v. 6, un rhumatisme aigu. En se portant sur certains organes, le cœur, par exemple, cette maladie peut devenir mortelle. - Les mots : qui lui était très cher, servent à expliquer une démarche aussi grave que celle de cette députation d'Anciens. - Ceux-ci ne sont pas des chefs de synagogue (ἀρχισυνάγωγοι), comme je l'avais dit précédemment ; ce sont les magistrats urbains. Ils pouvaient exposer à Jésus les faits honorables qui parlaient en faveur du centurion plus librement qu'il ne l'eût pu lui-même. A remarquer l'absence d'article devant πρεσβυτέρους ; - Des libéralités pareilles à celle de ce centurion paraissent ne pas avoir été rares. Car Lightfoot (Hor. Hebr., p. 775) cite cette parole rabbinique : « Si quelqu'un a bâti une synagogue, il appartient de nature à la synagogue. »
Versets 6b à 8. Seconde députation :