En tête du cortège funèbre marchaient les pleureuses, les joueurs de flûtes et, de cymbales ; puis venait la mère, pleurant en silence ; elle marchait devant le cercueil, une bière sans couvercle, portée sur les épaules de quatre hommes ; sur celle-ci reposait le mort, le corps enveloppé d'un linceul, mais la figure à découvert ; enfin venait la foule des amis et des voisins (voir Edersheim). - Le terme de Seigneur ne se rencontre dans le récit synoptique que chez Luc (7 fois), et de préférence dans les morceaux qui lui sont propres : 10.1 ; 11.39 ; 12.42 ; 13.15 ; 17.5-6 ; 18.6 ; 22.31,61 (Bleek). - Tous les traits énumérés v. 12 : un fils unique, une mère veuve, la sympathie publique, font comprendre ce qui émeut si profondément le cœur de Jésus. Il semble qu'il ne puisse résister à la sollicitation muette qui se dégage de ces circonstances réunies. Les gémissements de la mère achèvent de briser son cœur. De là ce mot à la fois tendre et impératif : Ne pleure pas ! La prudence lui eût peut-être conseillé de ne pas faire en ce moment un acte d'éclat. Mais il n'y a plus de prudence là où la pitié parle si haut (ἐσπλαγχνίσθη). Puis il se sent, autorisé à consoler ; car dans cette rencontre même il voit un signe de la volonté de son Père. - Jésus pose la main sur la bière, comme pour arrêter ce fuyard de la vie. Ce geste n'est autre chose qu'une invitation aux porteurs de s'arrêter. Rien absolument dans le texte ne justifie le sarcasme de Keim : « La foi en une force qui pénètre à travers le bois de la bière, est bien celle de l'évangéliste, mais non la nôtre. » Ce n'est nullement à cet attouchement de la bière, c'est à l'ordre de Jésus qu'est attribuée la résurrection. Dans ce mot : Je te le dis, aussi bien que dans le : Ne pleure pas ! adressé à la mère, s'exprime la certitude absolue du résultat à obtenir. - La rupture de la relation entre l'âme et le corps n'est jamais que relative, dans la mort comme dans le sommeil ; et de même qu'il suffit de la voix d'un homme pour rétablir, chez celui qui est plongé dans le sommeil, le lien entre l'un et l'autre, ainsi la parole du Seigneur a la vertu de rétablir cette relation interrompue, chez les morts mêmes. Les partisans de l'explication naturelle du miracle ont prétendu que le jeune homme était seulement plongé dans un sommeil léthargique. Mais, dans ce cas, le miracle de puissance ne disparaît que pour faire place à un miracle de science non moins incompréhensible. Comment Jésus a-t-il su que ce prétendu mort vivait encore, et que l'instant de son réveil était imminent[1] ? - Dès que l'âme est revenue habiter le corps, le mouvement et la parole signalent sa présence. Jésus a un droit de propriété sur celui qu'il a ramené à la vie. Il affirme ce droit, mais uniquement pour jouir du bonheur de rendre à la mère affligée ce trésor qu'il a reconquis sur la mort. L'expression : il le donna à sa mère, correspond à celle-ci : il fut ému de pitié, v. 13.
Versets 16 et 17. L'effet produit :
Notes
[1] Zeller (Apostelgesch., p. 177), répond ainsi à cette ancienne explication rationaliste. « Pour l'admettre, dit-il, il faut trouver croyable que dans le court temps de l'histoire évangélique et apostolique se soit renouvelé cinq fois (trois dans les évangiles, deux dans les Actes), cette même circonstance, ce même remarquable hasard d'une léthargie qui, restée inaperçue de tous ceux qui s'étaient occupés du mort, cède à la première parole de l'envoyé divin et donne lieu de croire à une vraie résurrection. »