L'A. T. parle quelquefois de la mer de Kinnéreth (Nomb.34.11 ; Deut.3.17). C'était aussi le nom d'une ville située dans cette contrée (Josué.19.35). C'est peut-être de ce nom qu'est venu celui de Génézareth donné ici, ainsi que dans Josèphe (Bell. Jud. III, 10, 7), à la mer de Galilée ou de Tibériade (comme l'appellent Matthieu.4.18 et Jean.6.1 ; 21.1). Ce nom de Génézareth était aussi celui de la plaine admirable qui borde la rive occidentale du lac sur une longueur d'une lieue environ. Ce nom peut signifier jardin des princes, ou jardin de la richesse. On aura peut-être modifié ainsi avec intention le nom cananéen primitif de Kinnéreth. - Le lac a 4 lieues de long et 2,5 de large vers le milieu. Il est très abondant en poissons, ce qui avait donné lieu à un assez grand commerce. Si la leçon alex. qui substitue καί (et) à τοῦ (pour) devant l'infinitif ἀκούειν (et entendait, au lieu de pour entendre) était la vraie, ce second infinitif (entendre) aurait dû être placé avant l'autre. Il fallait dire dans ce cas : « Comme la foule l'écoutait et le pressait. » La notion de presser ne peut être placée avant celle d'entendre que si celle-ci est le but de l'autre. - La proposition καὶ αὐτος ἦν ἑστώς, et il se tenait là debout, fait comprendre ce qu'il y avait d'incommode pour Jésus dans cette situation, et prépare ce qui suit. - La construction de ce verset est absolument hébraïque.
Verset 2. Tous ces détails préparent la demande de Jésus : la pêche de nuit (le moment le plus favorable) était terminée et les pêcheurs n'étaient pas disposés à recommencer de jour, le temps n'étant pas favorable ; aussi les bateaux étaient-ils tirés sur la grève et les pêcheurs nettoyaient-ils leurs filets. Dans le cas contraire, Jésus ne leur aurait pas demandé ce service. L'aoriste ἔπλυναν ou ἀπέπλυναν signifie : ils se mirent à nettoyer, tandis que l'imparfait dans B D signifie : ils nettoyaient ; c'est sans doute une correction. Cette situation paraît incompatible avec celle dont parlent Matthieu et Marc, d'après lesquels les pêcheurs étaient précisément occupés à jeter le filet. Mais il ne faut pas oublier que ces deux évangélistes omettent la pêche miraculeuse et que leur récit nous place au moment final où Jésus leur adresse la vocation à devenir ses disciples, à la suite de la pêche.
Verset 3. De ce bateau, que ses amis viennent de quitter, Jésus se fait un refuge et une chaire, d'où il jette le filet de la Parole sur la foule qui se tient sur le rivage. Puis, ayant terminé ce qu'il avait à dire, il voit dans cette situation le moment favorable préparé d'en-haut pour appeler ces jeunes croyants à la pêche spirituelle dont il vient de leur donner l'exemple. Ce sera le moyen de leur rendre cher le ministère qu'il leur confère, que de le leur faire envisager comme une forme supérieure du travail auquel ils se sont livrés jusqu'ici.
Versets 4 à 10a : La préparation.