Le repas avait lieu sans doute au rez-de-chaussée ; et la communication était facile entre le dehors et l'appartement dans lequel la table était dressée. Tandis que Jésus est entouré de ses nouveaux amis, ses adversaires s'attaquent aux disciples. D'après le T. R., leurs scribes est placé avant les pharisiens. Ce sont, dans ce cas, les scribes de l'endroit ou ceux de la nation. Ces deux sens sont peu naturels. Il faut préférer l'autre leçon : les pharisiens et leurs scribes ; ces derniers sont les savants que l'on avait adjoints aux pharisiens à Jérusalem pour défendre avec eux l'observance stricte. L'omission du αὐτῶν (leurs) dans le Sinaït. et quelques autres est facile à comprendre. - Le T. R. retranche à tort l'article τῶν devant τελωνῶν (péagers).
Verset 31. Manger en commun est, en Orient, le signe d'une intimité plus grande que chez nous. Jésus outrepassait donc toutes les limites de la convenance juive, en acceptant l'hospitalité chez Matthieu et avec un tel entourage. Sa justification renferme un mélange de sérieux et d'ironie. Il semble accorder aux pharisiens qu'ils se portent bien, et il en conclut que lui, le médecin, leur est inutile ; voilà l'ironie. D'autre part, il est certain que, rituellement parlant, les pharisiens sont en règle avec l'observance lévitique et que, comme tels, ils jouissent des moyens de grâce de l'ancienne alliance, dont sont privés ceux qui ont rompu avec les formes théocratiques. Dans ce sens, les péagers sont réellement dans un état, plus critique que les pharisiens et ont un besoin plus urgent de quelqu'un qui s'occupe de leur salut ; voilà le côté sérieux de la réponse. Cette parole ressemble à une épée à deux tranchants ; avant, tout elle justifie Jésus au point de vue de ses adversaires, par un raisonnement ad hominem incontestable ; mais en temps elle est propre à soulever dans leur cœur des doutes sérieux sur la complète justesse de ce point de vue, et à leur en faire pressentir un autre, d'après lequel la différence qui les sépare des péagers n'a pas toute la valeur qu'ils lui attribuent (voir à 15.1-7). - Les mots : à la repentance, manquent chez Matthieu et Marc, d'après les meilleures autorités ; le régime sous-entendu est dans ce cas : au règne de Dieu, au salut. Dans Luc, où ces mots sont authentiques, ils continuent l'ironie qui forme le fond de cette réponse : venir pour appeler à la repentance des justes ! Aux pharisiens de rentrer en eux-mêmes en entendant ce mot justes et de se demander si, parce qu'ils sont en règle avec le temple, ils le sont aussi avec Dieu. - La discussion prend ici une nouvelle tournure ; elle porte sur l'usage du jeûne dans les deux ordres de choses si différents que représentent les pharisiens, d'un côté, Jésus et ses disciples, de l'autre.
3o Versets 33 à 39. L'enseignement sur le jeûne.