Le premier évangile (Matt.9.1 et suiv.) place ce récit dans le cycle du voyage à Gadara, après le retour à Capernaüm et avant la vocation de Matthieu. Marc (Marc.2.3 et suiv.) le place, comme Luc, après la guérison du lépreux et, comme Matthieu, avant la vocation du péager Lévi. On voit que, si dans la tradition orale il s'était formé certaines séries de récits, il se produisait cependant entr'elles des interversions, avant que la tradition eût été fixée par écrit. - De nouveau, au commencement du récit, plusieurs hébraïsmes frappants (μία τῶν ἡμερῶν, καὶ devant αὑτός, la construction ἦσαν οἱ ἦσαν et l'expression δύναμις ἦν εἰς). Ces formes ne se trouvent que chez Luc ; il doit avoir eu son document particulier. - C'était l'un de ces moments semblables à celui de la soirée de Capernaüm où la vertu divine se déployait, avec force. - Nous assistons ici au premier conflit entre Jésus et les autorités de Jérusalem, sur le sol galiléen. Les docteurs de la loi ou scribes n'étaient point, comme les pharisiens ou les sadducéens, un parti théologico-politique. C'étaient les juristes israélites, les experts dans les questions de la loi. Ils avaient sans doute été adjoints à dessein aux pharisiens envoyés de Jérusalem, pour surveiller Jésus et au besoin discuter avec lui (v. 21). L'envoi de ces émissaires ne s'explique naturellement que si réellement le conflit de la fête de Purim décrit par Jean s'était passé peu auparavant.
Le récit de Matthieu est extrêmement sommaire. Il raconte à peine ; il court à la parole de Jésus qui est pour lui l'essentiel. Marc donne exactement les mêmes détails que Luc : mais sans que les deux récits présentent un seul terme commun. Comment travailleraient-ils tous deux sur le même document ou l'un sur le texte de l'autre ? - On pouvait arriver sur le toit de la maison soit par le toit de la maison voisine, - car les maisons communiquent fréquemment par les terrasses, - soit par un escalier extérieur appliqué à la muraille. Ou bien plutôt, comme les maisons ordinaires sont assez basses et sans étage, il pouvait suffire d'une échelle pour arriver sur un toit de 8 à 10 pieds de haut. Avec ποίας il faut sous-entendre διά et ὁδοῦ. - L'expression par les tuiles ne peut signifier : par l'escalier descendant de la terrasse à la chambre située au-dessous, ni non plus : par-dessus la balustrade qui environnait la terrasse ; elle ne peut désigner qu'une ouverture pratiquée dans la toiture même. Où se trouvait Jésus ? Quelques-uns ont dit : dans une chambre haute, au-dessous de la terrasse ; mais Jésus n'aurait pu être entendu depuis là par la foule qui environnait la porte d'entrée, et pourquoi dans ce cas ne pas descendre le malade par l'escalier ? On a supposé qu'il s'agissait d'une de ces maisons considérables qui possèdent une grande cour intérieure tout autour de laquelle court une galerie d'où l'on entre dans les chambres, et que c'était sur cette galerie que se tenait Jésus, parlant de là à la foule rassemblée dans la cour et dans le vestibule (Edersheim, I, 502). Les porteurs auraient percé non le toit de la maison, mais seulement l'avant-toit qui abritait la galerie ; ce qui présentait moins de difficulté. Mais au lieu de percer cet avant-toit, n'aurait-il pas été plus simple de faire descendre avec des cordes le malade jusqu'à la hauteur de la galerie ? Et s'il s'agit de la demeure de Pierre, ce ne pouvait être qu'une maison ordinaire, une maison de pauvre (Act.3.16). Thomson (The Land and the Book, p. 358-359) décrit la construction des toits de pareilles habitations en Palestine et montre que la chose n'était pas si difficile qu'il paraît. Les toits se composent d'un mastic composé de terre sèche et de fascines et recouvert de briques. Il suffisait donc de soulever celles-ci et de pratiquer une ouverture dans le mastic. - Il me paraît inutile de supposer avec Delitzsch (Ein Tagin Capernaüm, p. 40-46), que ces hommes profitèrent d'une ouverture existant dans le pavé de la terrasse pour recueillir la pluie. - Strauss parle des dangers que présentait cette opération pour ceux qui se trouvaient au-dessous du toit et conclut de là au caractère légendaire de ce récit. Mais en tout cas une légende eût été inventée conformément au mode de construction adopté alors et connu de chacun. - Jésus était assis dans la chambre de devant, s'ouvrant sur le vestibule et la cour extérieure remplis de monde.
Versets 20 et 21. Le scandale :