Ce prodige n'était pas sans doute un acte de création, mais de connaissance. Jésus pouvait savoir que cet immense banc de poissons se trouvait en cet endroit. Il peut aussi par un acte de volonté avoir amené ce résultat que les circonstances physiques produisent fréquemment[1]. Le mot κατένευσαν est un détail pris sur le fait : la voix ne suffisait pas. - Le terme μέτοχοι n'indique encore que la participation au même métier ; nous en trouverons un plus précis au v. 10. - D'après les deux autres synoptiques, Jacques et Jean raccommodaient leurs filets ; Luc ne renferme rien de contraire.
Notes
[1] Tristram, The natural history of the Bibel, p. 285 : « L'épaisseur des bancs de poissons dans le lac de Génézareth est presque incroyable, pour celui qui n'en a pas été témoin. Ils couvrent souvent un arpent et plus de la surface, et quand les poissons s'avancent lentement en masse, bondissant au-dessus de l'eau, ils sont tellement serrés les uns contre les autres qu'il semble qu'une pluie violente batte le miroir de l'eau. » - Un phénomène analogue a été observé il y a quelques années dans plusieurs de nos lacs suisses. « A la fin de février, dans les lacs de Constance et de Wallenstadt, les poissons se pressaient en si grandes masses vers certains endroits du rivage, que l'eau en était obscurcie. D'un seul coup de filet on prit 35 quintaux de poissons d'espèces très diverses. » (Bund, 6 mars 1872.)