L'effet produit d'abord sur les gens de la contrée (34-37), puis sur le malade (38-39). - Les propriétaires du troupeau habitaient la ville et les campagnes environnantes. Ils viennent se convaincre par leurs propres yeux de la catastrophe que les gardiens leur avaient, annoncée. En arrivant, ils sont témoins d'un spectacle qui les saisit profondément. Le démoniaque était connu dans toute la contrée, et il était pour elle un objet de terreur. Ils le trouvent calme et rendu à lui-même. Un tel miracle leur révèle la puissance de Dieu et réveille leur conscience. Cette impression de crainte est fortifiée par le récit que leur font de toute la scène qui vient de se passer, les personnes qui entourent Jésus et qui en ont été les témoins (οἰ ἰδόντες ; v. 36). Ces personnes ne sont pas les gardiens ; car la guérison s'était opérée à une certaine distance du lieu où paissait le troupeau (Matth.8.30) ; ce sont les apôtres et les gens qui avaient passé la mer avec eux (Marc.4.36). Le καί, aussi, est certainement authentique ; ce récit complétait celui des gardiens, qui portait uniquement sur la perte du troupeau. - Cette crainte des habitants était sans doute d'une nature superstitieuse. Néanmoins Jésus ne voulait point s'imposer, car c'était encore le temps de la grâce, et la grâce ne fait que s'offrir. Il cède à la prière des habitants qui, voyant en lui un juge, redoutaient de sa part d'autres châtiments plus terribles. Il consent donc à les quitter, mais non sans leur laisser un témoin de sa grâce dans la personne de celui qui en était devenu le vivant monument.