La préposition πρός dans προσαναλώσασα signifie qu'en outre de ces longues souffrances, elle se trouvait maintenant sans ressources. - Marc fait, ressortir avec un peu plus de force le mal que lui avaient fait les médecins. Hitzig et Holtzmann prétendent que Luc, médecin lui-même, a atténué, avec intention, ces détails du Proto-Marc ! Nous retrouvons simplement ici la prolixité ordinaire de Marc. - Le mal dont souffrait cette femme la rendait lévitiquement impure ; de là son désir d'obtenir cette guérison furtivement et sans avoir à déclarer publiquement sa maladie. La foi qui la poussait à Jésus, n'était pas exempte de superstition ; elle se représentait la force miraculeuse qui était en lui, agissant d'une manière purement physique. - Le mot κράσπεδον désigne ici la houppe que Dieu avait commandé aux Israélites d'attacher aux quatre coins du vêtement de dessus dont ils s'enveloppaient comme d'un châle. Ces houppes tenaient au vêtement par un cordon couleur d'hyacinthe et devaient rappeler la loi (Nomb.15.38 ; Deut.22.25). Il ne s'agit donc pas du bord inférieur du vêtement. Le mot κράσπεδον vient, selon Passow, de κέρας et πέδον : la partie la plus avancée d'une plaine ; ou mieux, selon Schleusner, de κεκραμένον εἰς πέδον, ce qui pend vers le sol. - C'est de l'instant même du toucher que Luc et Marc datent la guérison. Matthieu la met en relation avec la parole que Jésus adressa à la femme après qu'elle se fut fait connaître. Reuss trouve là une différence de point de vue avec Luc et Marc, et il donne la préférence à l'intuition de Matthieu. Mais la différence peut n'être qu'apparente et provenir de l'omission dans le récit de Matthieu de toute la scène qui va suivre et qui sépare chez les deux autres la guérison d'avec la parole de Jésus. La difficulté dans l'explication de ce miracle, tel que le racontent Luc et Marc, c'est qu'il semble s'être opéré en dehors de la conscience et de la volonté de Jésus, et qu'il prend ainsi un caractère en quelque sorte magique. Sans doute Marc raconte Marc.3.10 ; 6.56 que les malades cherchaient à se jeter sur lui pour le toucher, et qu'ils le priaient de leur permettre de toucher son vêtement et qu'ils étaient guéris. Mais tout cela ne se faisait pas à son insu et sans son consentement, tandis que dans ce cas il n'apprend la guérison de cette femme qu'après qu'elle est opérée. C'est un cas unique dans la vie de Jésus, et nous devrons chercher à en donner l'explication après en avoir étudié les détails.