Les trois jours ont-ils pour point de départ le moment du départ de Jérusalem ou celui du retour à Jérusalem ? Le premier sens est plus naturel. Les parents n'auraient pas cherché trois jours sans trouver. Le premier jour fut celui du départ de Jérusalem (v. 44) ; le second, celui du retour des parents (v. 45) ; le troisième, celui de la rencontre. - Une fois resté seul, que fit l'enfant ? Se rendit-il dans la maison où il avait demeuré avec ses parents ? Il serait dans ce cas reparti le lendemain matin. Un enfant cherche son refuge dans la maison de son père ; Jésus se retira dans l'un des péristyles du temple. Dans cet isolement, il fit l'expérience que Jacob avait faite à Béthel (Gen.28) : Dieu devint, plus intimement encore qu'auparavant, son Dieu, son Père. La parole du v. 49 semble trahir une expérience toute récente. - On a souvent parlé de synagogues qui se trouvaient sur l'emplacement sacré. Mais, outre que l'existence de pareils locaux n'est pas réellement prouvée, la scène suivante ne convient point à un culte synagogal où il n'y aurait pas eu possibilité pour l'enfant de faire des questions et des réponses. Edersheim cite un passage du traité Sanhédrin 58b, où il est dit que les membres du Sanhédrin du temple, qui se rassemblaient les jours ordinaires comme cour d'appel, entre le sacrifice du matin et celui du soir, dans les sabbats et dans les jours de fête avaient coutume de venir sur « la terrasse du temple » et d'y enseigner. Dans cet enseignement populaire, les auditeurs étaient libres de questionner et de répondre. Ainsi s'explique de la manière la plus simple la scène qui va être décrite. Mais on voit par là qu'il faut la placer encore dans le cours de la semaine sainte.
Le récit n'attribue nullement à l'enfant la position et l'attitude d'un docteur. Ecouter et interroger n'est pas enseigner. Le moment de l'arrivée de Marie était celui où il était devenu le centre de la scène : assis au milieu des docteurs. Cela s'était fait tout naturellement. Une question intelligente de l'enfant à l'occasion de l'enseignement donné (écoutant et interrogeant) avait attiré sur lui l'attention du maître, et, l'entretien continuant, on s'était peu à peu groupé, docteurs et auditeurs, autour de l'élève. L'opinion longtemps répandue que le maître seul était assis et que les auditeurs se tenaient debout autour de lui a été réfutée par Vitringa (Synag., p. 167). Comme il y avait des bancs sous les péristyles de la terrasse du temple (Edersheim, t. 1, p. 244), on peut se représenter l'enfant assis là parmi un certain nombre de personnes, docteurs ou autres, qui étaient ou assis ou debout autour de lui. - Son intelligence et ses réponses. L'intérêt était excité par l'intelligence qui brillait en général dans sa manière de parler et par ses réponses elles-mêmes.