Le recensement romain n'aurait pas exigé un déplacement aussi général ; car le lieu d'inscription était la localité principale de chaque district (Schürer, N.-T. Zeitgesch., p. 265).
Verset 4. Joseph en particulier n'eût pu être appelé en Judée par un cens romain, qu'autant que lui ou Marie aurait possédé des biens-fonds à Bethléem. Car les propriétés foncières payaient l'impôt dans la localité où elles étaient situées (Schürer, ibid.). Or cette supposition n'est guères probable ; voir à 2.24. Le terme οἶκος, maison, étant placé le premier, doit avoir un sens plus large que celui de famille, quoiqu'il en soit autrement des deux termes hébreux qui y correspondent d'ordinaire (bajith et misch-pacha) ; mais les LXX eux-mêmes ne sont, point conséquents dans la traduction de ces termes. La maison désigne ici toute la parenté de David, y compris ses frères et leurs descendants ; la famille, πατρία, ne comprend que ceux qui font partie de sa descendance personnelle. - La distance de Nazareth à Bethléem était de trois journées.
Verset 5. Les mots : avec Marie, peuvent porter sur le verbe : pour être inscrit ; dans ce cas, il faudrait admettre que Marie avait elle-même une propriété à Bethléem, qui exigeait son enregistrement, c'est-à-dire qu'elle était fille héritière. Mais ce qui importe dans le contexte, ce n'est pas le fait de l'enregistrement, c'est celui du voyage. Il est donc plus naturel de faire porter le régime sur il monta, v. 4, ou du moins sur la locution complexe : il monta pour être enregistré. - Dans la leçon du T. R. : sa femme qui lui était fiancée, le substantif indique la qualité en laquelle elle voyageait ; l'épithète rappelle l'état réel des choses. Cette leçon est très délicate. Il est certainement plus probable que le mot γυναικί, femme, ait été omis par négligence ou inintelligence, que de ce qu'il ait été arbitrairement ajouté. - Les derniers mots : qui était enceinte, ne sont pas destinés à expliquer ce qui va suivre ; car l'état de Marie est déjà connu du lecteur par ce qui précède. Ils expliquent pourquoi Joseph l'avait prise avec lui. Il n'avait pas voulu la laisser seule à Nazareth pour le moment qui approchait.