Aux époques de dégénérescence spirituelle, quand le clergé officiel ne cultive plus que la forme, l'Esprit se retire dans les profondeurs de la communauté religieuse et se crée des organes extra-officiels, souvent dans les classes les plus inférieures. Siméon, Anne, sont des représentants de ce sacerdoce spontané. On a supposé que Siméon pourrait, bien être le rabbin de ce nom, fils du fameux Hillel et père de Gamaliel. Ce Siméon devint président du Sanhédrin en l'an 13 de notre ère. Mais ce nom était très commun, et le caractère de membre influent du Sanhédrin ne convient guères au rôle que va jouer le Siméon dont parle Luc. - Le trait que Luc fait ressortir dans l'espérance messianique de Siméon, n'est pas le même que dans d'autres cas analogues ; comp. 23.51. Ce n'est pas l'attente du règne de Dieu, mais celle de la consolation d'Israël. Cette expression est probablement en rapport avec la parole d'Esaïe.40.1 : « Consolez, consolez mon peuple. » Les rabbins donnent au Messie le titre de Menachem, consolateur. Chez les classes pauvres en Israël venaient s'ajouter à la souffrance nationale, résultant de l'oppression romaine, les douleurs de leur propre situation. Mais Esaïe l'avait dit : avec le Messie sera donnée « l'huile de joie au lieu du deuil » (Es.61.3).
Le terme de juste se rapporte aux qualités positives ; celui de craignant Dieu (εὐλαβής), qui est certainement préférable au terme plus commun εὐσεβής, désigne plutôt la vigilance à l'égard du mal. - La séparation des mots πνεῦμα et ἅγιον par le verbe ἦν dans la plupart des Mjj. sert à faire mieux ressortir la notion de l'adjectif : un souffle était sur lui, et ce souffle était saint. - Χρηματίζειν, proprement : traiter des affaires ; d'où : agir officiellement, communiquer une décision, rendre un oracle. - Le génitif κυρίου, du Seigneur, est le complément d'origine : le Christ qui vient de l'Eternel, celui qu'il donne lui-même.