C'était sous la forme de l'existence juive que Jésus devait réaliser l'idéal de la vie humaine. La théocratie était le milieu divinement préparé pour le développement terrestre du Fils de l'homme. Aussi à sa naissance succède, huit jours après, son entrée dans l'alliance par la circoncision. Né d'une femme, mis sous la loi, dit Paul dans le même sens (Gal.4.4). Jésus devient par là, selon l'expression du même apôtre Rom.15.8 : διάκονος περιτομῆς ; serviteur de la circoncision, assujetti à la loi Israélite pour tout le cours de son existence terrestre. - Le récit de ce fait est d'une brièveté remarquable, surtout si on la compare avec l'ampleur de la narration relative à la circoncision de Jean-Baptiste (ch. 1). La raison de ce contraste est aisée à comprendre. La cérémonie de la circoncision avait dans la vie du dernier représentant de l'économie légale une tout autre importance que dans la vie de Jésus, qui venait ouvrir une nouvelle économie et ne faisait que traverser l'ancienne. Aussi le poids du récit porte-t-il non sur la circoncision qui, à proprement parler, n'est pas même mentionnée, mais sur le nom donné à l'enfant à cette occasion. - Meyer, Weiss expliquent l'absence d'article devant ἡμέραι en faisant de τοῦ περιτεμεῖν un infinitif de but : « huit jours pour… » Mais, d'après 1.57 ; 2.6, cet infinitif est un simple complément. L'article manque plutôt parce que le nom de nombre ὀκτώ en tient lieu (Hofmann, Schanz) et en même temps par l'influence du status constructus dans l'original hébreu. - La leçon du T. R. : τὸ παιδίον, au lieu du pronom, vient probablement de ce qu'une péricope commençait ici dans la lecture publique. Bon nombre de fautes du texte reçu proviennent de cette cause. - Le καί devant ἐκλήθη, tout en indiquant la corrélation entre la circoncision et le don du nom, est certainement, comme le vav hébreu, le signe de l'apodose. C'est presque un alors.
Versets 22-24 : Présentation.