Les déclarations rabbiniques postérieures prouvent qu'à la profession des gardiens de moutons était attaché chez les Juifs un certain mépris. D'après le traité Sanhédrin, ils ne doivent pas être employés comme témoins ; le traité Aboda Zara autorise à ne point les secourir. Nous ne savons si de pareils préjugés existaient déjà au temps de Jésus. - Ἀγραυλεῖν, proprement : faire de son champ (ἀγρός) sa demeure (αὐλή). D'après Columelle (De re rustica), les enclos qui servaient de bergeries étaient environnés d'un mur élevé ; ils étaient tantôt à ciel ouvert, tantôt abrités. Comme il est dit dans un passage du Talmud que les troupeaux passent en plein air toute la portion de l'année entre Pâques et les premières pluies d'automne, on a conclu de ce qui est ici raconté que Jésus devait être né pendant l'été. Cependant Wieseler a fait observer que cette détermination talmudique ne s'applique qu'aux troupeaux vivant dans les steppes, loin des habitations ; ceux dont il s'agit ici n'étaient point dans ce cas. - Dans l'expression φυλάσσειν, φυλακάς, le pluriel φυλακαί désigne sans doute le tour de rôle. Le génitif τῆς νυκτός peut se prendre soit adverbialement : la garde, telle qu'elle se fait de nuit, soit comme complément de φυλακάς. Mais je ne crois pas que le pluriel φυλακάς doive être appliqué à différents postes de gardiens, comme le pense Weiss.
Verset 9. Ἰδου, voici, est omis par les alex. - Ἐπέστη ne signifie point que l'ange se tenait au-dessus d'eux ; le sens est celui de notre mot survenir ; comp. le ἐπιστᾶσα, 2.38 ; 20.1. Il faut, comme 1.11, traduire ici un ange et non l'ange ; c'est ce que prouve l'article ὁ v. 10 (voir à 1.13). La gloire du Seigneur est cet éclat qui signale les apparitions divines ou célestes.