D'après Ex.33.17 ; Deut.16.16, tous les hommes Israélites devaient se rendre au sanctuaire pour les trois fêtes annuelles de Pâques, de Pentecôte et des Tabernacles. Ceux qui étaient éloignés montaient au moins à l'une des trois fêtes. Quant aux femmes, la loi ne prescrivait rien ; mais elles accompagnaient ordinairement leur mari, à la fête de Pâques (1Sam.1.3 et suiv.). Hillel leur en faisait même un devoir. - Le τῇ ἑορτῇ, à la fête, n'est pas un datif de lieu, mais de temps ou de but.
Verset 42. C'était à l'âge de treize ans que les jeunes Juifs commençaient à être soumis à l'observance légale et recevaient le nom de fils de la loi, et ce fut sans doute en vertu de cet usage, que, lorsque Jésus eut accompli sa douzième année, il fut conduit à Jérusalem. Plusieurs (Bleek, Hofmann) trouvent que dans le texte rien ne fait penser que ce fût pour la première fois. Il est vrai ; cependant on s'explique mieux, dans cette supposition, comment a pu avoir lieu la séparation de l'enfant, d'avec ses parents. - Le participe présent ἀναβαινόντων implique l'habitude : « Montant comme d'ordinaire. » L'aoriste ἀναβάντων des byz. est une correction.
Jésus passa sans doute ces jours de fête dans un saint ravissement. Tous ces rites parlaient à son cœur ; leur sens profond se dévoilait à sa vive intelligence, développée sous l'influence de l'Ancien Testament. C'est là ce qui peut servir à expliquer le fait suivant.
Verset 43. On a trouvé dans le terme ὑπέρμεινεν, il demeura, l'expression d'une volonté réfléchie, d'une persistance volontaire ; et c'est là l'une des traces de la présence du péché que nos libres-penseurs ont cru découvrir dans la vie de Jésus. En tout cas, le narrateur n'a pas songé à donner à ce mot un pareil sens (v. 51). La notion de persévérance qui est dans ce verbe se rapporte à l'intérêt absorbant qu'inspirait à l'enfant tout ce qui se faisait dans le temple. Comme les enfants de la caravane étaient ordinairement en troupe, Jésus put fort bien, par un effet de cet attrait supérieur, se trouver un moment séparé d'eux et rester ainsi en arrière au moment du départ. L'âge de Jésus et la confiance exceptionnelle dont il jouissait de la part de ses parents, en raison de son caractère, font comprendre leur sécurité à son égard. - La leçon byz. Joseph et sa mère peut difficilement, si l'on compare le v. 41, s'expliquer comme correction réfléchie de la leçon alex. ses parents. - L'expression : ayant achevé les jours, signifie-t-elle : après les huit jours de la fête, ou bien : ayant achevé les quelques jours de la semaine sainte qu'ils comptaient passer à Jérusalem ? On peut bien se poser la question, puisque, comme le montre Edersheim (I, p. 246), la présence à la fête n'était nécessaire que pendant, les deux premiers jours. Une fois le repas pascal célébré, le sacrifice de fête (la Chagigah) offert, la première gerbe de blé consacrée, chacun était libre de retourner chez soi, et beaucoup de pèlerins faisaient usage de cette liberté. La suite du récit semble prouver que Joseph et Marie, avec une partie au moins de leurs compatriotes, en agirent de la sorte.