De nouveau un ἐγένετο, il arriva (le vajehi hébreu) ; son sujet est la proposition de ἔλαχε, v. 9. Le δέ interrompt la suite des καί ; il annonce un fait tout nouveau qui mettra fin à la situation précédente. - Les fonctions sacerdotales consistaient dans l'offrande des sacrifices pour le peuple et dans celle du parfum, matin et soir, à neuf heures et trois heures. Les mots : en présence de Dieu, font sentir la gravité de cette fonction.
Verset 9. On peut rapporter la remarque : selon la coutume de la sacrificature, à ce qui précède ; la coutume serait dans ce cas l'institution du tour de rôle entre les classes. Ou bien elle peut porter plutôt sur ce qui suit : ἔλαχε…, il lui échut. Cette coutume serait celle de l'emploi du sort pour désigner le prêtre appelé à remplir cet office le plus honorable de tous. Ce second sens est préféré par les modernes. Il faut dans ce cas admettre une légère incorrection dans l'expression. Car le terme de coutume ne peut porter sur un fait particulier, comme celui de la désignation de Zacharie par le sort. Mais même indépendamment de cette difficulté, le premier sens me semble plus naturel. - Oosterzee (Bibelwerk de Lange) remarque que cet emploi du sort provenait du besoin de ne rien laisser à l'arbitraire humain dans le service du sanctuaire. - Le prêtre qui avait eu l'honneur d'entrer une fois dans le Lieu saint n'avait pas le droit de tirer au sort une seconde fois dans la même semaine (Talmud). - Le participe εἰσελθών, entrant ou étant entré, ne peut porter sur le verbe ἔλαχε, il obtint… ; car ce n'était pas dans le temple (ναός) qu'on tirait au sort. Il porte donc sur l'infinitif θυμιᾶσαι, offrir le parfum. En raison de l'inutilité prétendue de cette idée d'entrer et du v. 10, qui suppose le fait de l'entrée déjà accompli, Weiss pense qu'il faut traduire : « Après être entré il accomplit, conformément au sort qui l'avait désigné, l'offrande du parfum. » Ce sens est impossible. Il est faux d'ailleurs que ce détail soit inutile : entrer, là était l'honneur. Il est clair que l'exécution de cet acte d'entrer est sous-entendue entre v. 9 et 10. - Ναός, temple, désigne spécialement l'édifice sacré (où était l'autel des parfums), en opposition aux diverses cours ou parvis (ἔξω, dehors, v. 10). Les mots du Seigneur relèvent la solennité du lieu ; comp. la loi Ex.30.7-8. S'agit-il ici de l'offrande du matin ou de celle du soir ? Comme c'était le matin qu'on tirait au sort et que le second fait paraît avoir suivi de près le premier, ce devait être plutôt le matin.
Verset 10. Il faut, avec la majorité des Mjj., placer les mots τοῦ λαοῦ, du peuple, entre le verbe ἦν, était, et le participe προσευχόμενον, priant. Cette position exceptionnelle donne plus de relief à l'idée et oppose mieux le peuple, qui restait dehors, au sacrificateur qui seul entrait. La forme analytique (était priant) marque la durée. Le datif τῇ ὥρᾳ, à l'heure, indique une relation plus étroite que celle d'une simple simultanéité entre le parfum offert dans l'intérieur du temple et la prière offerte au dehors. L'un de ces actes était lié à l'autre comme la réalité l'est au symbole. L'acte rituel couvre les imperfections de l'adoration réelle, comme celle-ci est l'âme de ce parfum qui monte. - Tout se réunissait ainsi, l'acte et le lieu, pour faire de ce moment l'un des plus solennels de la vie de Zacharie.