Cette demande d'un signe est traitée comme une faute digne de punition. Et cependant Abraham (Gen.15.8), Gédéon (Juges.6.36,39, par trois fois), Ezéchias (2Rois.20.8) font des demandes semblables, sans être jugés coupables. Dieu va même jusqu'à donner à Moïse deux signes que celui-ci ne lui a pas demandés (Ex.4.2,6) et Esaïe en offre un à Achaz de la part, de Dieu (Es.7.11). Pourquoi ce qui était légitime dans tous ces cas ne l'est-il pas dans celui de Zacharie ? C'est sans doute parce que celui-ci venait après eux et qu'il avait derrière lui toute cette série de révélations et d'interventions divines que, comme sacrificateur, il devait parfaitement connaître. D'ailleurs le lieu même où il recevait ce message divin et l'apparition céleste qui le lui apportait, ne devaient lui laisser aucun doute sur son origine. Son doute était donc un pur manque de foi, l'impuissance de s'élever, en vertu de la promesse divine, au-dessus du cours naturel des choses. Abraham, dans de tout autres conditions, avait reçu avec foi la promesse d'un fils (Gen.15.6) ; il n'avait demande un signe qu'en vue de la promesse, beaucoup plus éloignée, de la possession de Canaan par sa postérité ; Gédéon n'était qu'un jeune Israélite ignorant et grossier, comme on l'était au temps des Juges ; Ezéchias, accablé par la maladie, n'avait pour objet de sa foi que la parole d'un homme, celle d'Esaïe. Néanmoins, cette demande qui offense Dieu est miséricordieusement exaucée en un sens, puisque le châtiment infligé à Zacharie devient précisément le signe qu'il a réclamé. - Κατὰ, en conformité à quoi ? - Par le car Zacharie oppose naïvement la loi de la nature à la promesse divine. On a conclu de ce qu'il fonctionnait comme sacrificateur qu'il ne devait pas être si âgé ; car, d'après la loi, les Lévites cessaient leur service à l'âge de cinquante ans ; mais il n'est rien dit de semblable quant aux sacrificateurs, dont le service était beaucoup moins pénible que celui des Lévites.