Après l'instrument du salut (v. 68-70) et le salut lui-même (v. 71-72), le but et le terme glorieux de ce salut. L'accusatif ὅρκον, le serment, ne peut dépendre ni d'ἐλάλησε (Grotius), qui est trop éloigné, ni de μνησθῆναι (de Wette, Bleek), qui dans le N. T. ne régit que le génitif ; c'est donc une apposition de διαθήκης ἁγίας : l'alliance sainte qui a été conclue avec serment. Seulement, dans ce cas, c'est le substantif qui subit l'attraction du pronom relatif (ὃν) dont il est l'antécédent, tandis qu'à l'ordinaire c'est l'inverse. - Δοῦναι, de donner, annonce le contenu du serment divin et le but que Dieu s'est proposé en le prononçant.
Ce but, énoncé au v. 74 : le servir sans crainte, est expliqué par les mots : délivrés de la main de nos ennemis. Quand Pilate mêlait le sang des Galiléens à celui de leur sacrifice, on ne pouvait servir Dieu sans crainte dans son temple ; avec le Messie, tout cela changera ! - Les deux dispositions exprimées par ὁσιότης, pureté, et δικαιοσύνη, justice, différaient chez les Grecs par leur objet. L'objet de la première disposition était la divinité ; celui de la seconde, les hommes ; voir les passages de Platon et de Polybe cités par Schanz. Mais au point de vue biblique la justice, non moins que la pureté, se rapporte à Dieu. D'après Euthymius, ὁσιότης désigne la piété ; la justice, l'ensemble des autres vertus. D'après Weiss et Schanz, la première est la consécration intérieure de l'homme à Dieu ; la seconde, l'accomplissement parfait des obligations dont cette consécration est l'âme. Il me paraît que ὁσιότης désigne plutôt l'absence complète de souillure, et δικαιοσύνη, la pratique positive de tout ce qui est bien ; comp. Eph.4.24, où ces deux termes sont réunis comme ici. Les mots : en présence de Dieu, sont ceux par lesquels est ordinairement caractérisé le service des sacrificateurs dans le temple. Le résultat de l'œuvre messianique sera un peuple de Dieu menant tous les jours une vie qui, par sa pureté et sa sainteté, s'élèvera à la hauteur d'un culte ; comp. Zacharie.14.20-21. On voit ici combien l'espérance messianique des fidèles en Israël surpassait en sainteté et en dignité les grossières et charnelles ambitions politiques dont se berçait l'imagination populaire.
De la perspective de ce saint état de choses dans lequel Zacharie vient de se transporter en esprit, il reporte ses regards sur ce chétif enfant qui en doit être l'initiateur.