Il n'y a pas de raison de traduire « l'ange du Seigneur, » malgré le manque d'article, et d'identifier cet ange avec le personnage appelé dans l'A. T. l'Ange de l'Eternel. Ce n'est qu'après avoir été introduit comme un ange quelconque, qu'il sera désigné par l'article (v. 13) comme l'ange connu. D'après l'Ecriture, nous sommes entourés du ciel et de ses habitants (2Rois.6.17 ; Ps.34.8). Jésus proclame ce fait Luc.15.7,10. Il en a fait lui-même l'expérience au désert et à Gethsémané (Marc.1.13 ; Luc.22.43). Mais pour percevoir l'apparition de ces êtres appartenant à un monde supérieur, nos sens corporels, destinés à nous mettre en relation avec les objets terrestres, ne suffisent pas ; il faut qu'un sens supérieur s'ouvre en nous. Probablement un personnage indifférent qui se fût trouvé avec Zacharie dans le Lieu saint n'eût rien perçu de particulier ou n'eût éprouvé que la vague impression de quelque chose d'étrange. Ainsi, dans la scène racontée Jean.12.28 et suiv., là où Jésus entend une parole distincte du Père, la foule ne perçoit qu'un bruit semblable au tonnerre. Quelques-uns croient avoir entendu parler un ange. De même aussi, quand le Seigneur apparaît à Paul près de Damas, les compagnons de celui-ci entendent un bruit, voient une lumière, mais sans discerner la figure et les paroles du Seigneur. Il faut une préparation morale pour percevoir de tels phénomènes. On n'a pas le droit cependant de conclure de là que ce soient de pures hallucinations. L'objectivité de l'apparition de l'ange dans ce cas particulier ressort d'abord de l'effroi qu'éprouve Zacharie, puis du châtiment physique dont il est plus tard frappé.
La porte du temple regardait vers l'orient ; Zacharie, en entrant, avait donc le visage tourné vers l'occident. En face de lui était l'autel des parfums, placé devant le voile qui séparait le Lieu saint du Lieu très saint ; à sa droite, la table des pains de proposition du côté du nord, et à sa gauche, du côté du midi, le chandelier d'or. L'expression : à la droite de l'autel, peut être comprise au point de vue de Zacharie qui s'avance ; l'ange se serait ainsi tenu entre l'autel et la table des pains. Mais si l'on veut se rendre compte de l'intention qui détermine cette circonstance de l'apparition, on est amené à une autre conclusion. Pourquoi la droite ? Meyer dit : « Parce que la droite est le côté favorable. » Hofmann répond avec raison : « L'autel at-il donc un côté défavorable ? » Il s'agit plutôt de la droite comme du côté le plus honorable, de la place d'honneur. C'est ainsi que Christ est représenté comme assis à la droite de Dieu. Mais, dans ce cas, il ne peut être question de la droite de Zacharie lui-même. On ne peut penser qu'au côté droit de l'autel qui est le symbole de la majesté divine. Zacharie voyait donc l'ange se tenant devant lui vers sa gauche, entre l'autel et le chandelier d'or. Edersheim (Life of Jésus, I, p. 138) dit également : « A droite, c'est-à-dire au sud de l'autel. »
Verset 12. Lorsque le monde invisible devient tout à coup visible, l'homme est troublé ; puis, le sentiment de sa souillure se réveillant, le trouble devient crainte ; car il se sent menacé d'un jugement.