Le verbe fut ouverte n'est appliqué à la langue que par une incorrection (zeugma), forme fréquente dans toutes les langues ; comp. 1Cor.3.2. L'accent est ici sur ἐλάλει, il parlait. L'incrédulité lui avait ôté la parole, l'obéissance la lui a rendue. Le εὐλογῶν, bénissant, dit l'usage qu'il fit aussitôt de cette faculté recouvrée. La question est de savoir si cette bénédiction n'est autre que l'action de grâces renfermée dans le cantique suivant (v. 67 et suiv.), qui serait seulement renvoyé à la fin pour ne pas interrompre le récit, ou si, comme le pensent Weiss et d'autres, le cantique suivant est une tout autre εὐλογία, que Zacharie a prononcée postérieurement. On allègue la différence entre les verbes εὐλογεῖν et προφητεύειν (v. 67). Mais les deux actes de rendre grâces et de prophétiser ne sont pas si différents qu'ils ne puissent s'appliquer à un seul et même discours. Le εὐλογητὸς ὁ θεός ; béni soit Dieu, du v. 68, rappelle positivement le εὐλογῶν τὸν θεόν du v. 64. Et à quel moment pouvait plus naturellement sortir de la bouche de Zacharie ce cantique qui avait mûri lentement dans son cœur durant ces neuf mois de mutisme, qu'au moment même où la parole lui était miraculeusement rendue ? Les versets suivants nous font connaître l'impression produite par ces événements dans toute la contrée de la montagne de Judée.