Un mouvement de sympathie se produit aussitôt entre ces deux femmes associées toutes deux à l'œuvre divine qui se prépare. Au premier regard jeté sur Elisabeth, Marie constate la réalité du fait qui lui a été annoncé par l'ange, et sa salutation prend un accent d'élévation particulière. D'autre part, l'arrivée imprévue de cette jeune fille et cette salutation pleine de gravité émeuvent profondément Elisabeth. Elle se rappelle ce que l'ange a dit à Zacharie de l'enfant qui est dans son sein : « Il marchera devant le Seigneur, leur Dieu, » devant le Messie. L'émotion qu'elle éprouve se communique à l'enfant dont la vie est encore une avec la sienne. Il tressaille dans son sein ; elle sent que la mère du Messie est devant elle. On envisage ordinairement ce tressaillement de l'enfant comme un miracle dû à une action directe exercée sur lui par l'Esprit saint. Mais je ne pense pas que cette action ait pu se produire sur lui comme être isolé de sa mère. Celle-ci dit elle-même au v. 44 : « Aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli dans mon sein. » D'un autre côté, il ne serait pas exact non plus de ne voir, comme Weiss, dans le mouvement de l'enfant qu'un tressaillement ordinaire auquel le narrateur, attribuerait dans son récit une signification que lui a prêtée Elisabeth (v. 44). C'est ici l'un des faits appartenant aux profondeurs de la vie instinctive, qui devancent souvent les lumières de la conscience réfléchie. Ce tressaillement de l'enfant réagit aussitôt sur sa mère dont le cœur s'ouvre à l'action de l'Esprit.
Versets 42-45 : La salutation.