Et voici : le et indique la relation étroite entre ce fait et le précédent, et le mot voici le caractère complètement inattendu pour Marie du premier de ces faits. - La forme συγγενίς, qui est celle des plus anciens Mss., au lieu de συγγενής ; appartient au grec postérieur ; la forme γήρει, au lieu de γήρᾳ, vient du nominatif ionien γῆρος, εος ; elle se trouve dans les LXX. - La leçon συνειληφυῖα est une forme beaucoup plus hébraïque que le parfait συνείληφεν dans les plus anciens Mss. ; celui-ci est évidemment une correction alexandrine ; il est rejeté par Tischendorf lui-même.
Schleiermacher, Hofmann et d'autres ont conclu de cette parenté de Marie et d'Elisabeth que la première devait être, comme la seconde, de la tribu de Lévi et par conséquent ne pouvait descendre de David. Cette conclusion est fausse, parce que les prêtres pouvaient épouser des femmes d'une autre tribu que la leur et qu'ainsi Elisabeth pouvait être de la tribu de Juda, comme Marie elle-même. - Ces mots : celle qui était appelée stérile, font comprendre toutes les humiliations qu'avait eues à subir Elisabeth.
Verset 37. Il est clair que la maxime formulée dans ce verset se rapporte directement au cas d'Elisabeth ; mais il est évident aussi que l'ange la prononce en vue de Marie elle-même. Le futur indique ce qui est et ce qui sera en tout temps. - Le verbe ἀδυνατεῖν signifie dans le grec classique : être impuissant ; et, Meyer, Weiss et d'autres appliquent ici ce sens en donnant au mot ῥῆμα celui de parole : « Toute parole venant de la part de Dieu ne sera pas impuissante. » Dans ce cas il faut lire avec les alex. παρὰ τοῦ θεοῦ, de la part de Dieu, et faire dépendre ce régime du mot ῥῆμα : « toute parole venant de Dieu. » Mais dans ce cas ce régime ne devrait pas être placé, comme il l'est, avant le mot ῥῆμα dont il dépendrait. C'est un fait incontestable que dans le langage hellénistique le verbe ἀδυνατεῖν signifie fréquemment : être impossible ; voir, dans les LXX, Deut.17.8 ; Zach.8.6 ; et dans le N. T. : Matth.17.20. Ce sens convient ici parfaitement si nous prenons ῥῆμα dans le sens de chose (chose dite) : « Aucune chose ne sera impossible. » Et dans ce cas, il faut naturellement lire παρὰ τῷ θεῷ avec les byz. : auprès de Dieu, c'est-à-dire dans la sphère divine. Ce mot présente la formule concise et énergique du supra-naturalisme biblique. A cette occasion, Oosterzee dit très bien : « Les lois de la nature ne sont pas des chaînes que s'est imposées le divin législateur ; ce sont des fils qu'il lient dans sa main et qu'il raccourcit ou allonge à volonté. »
Un rôle, tel que celui qui était destiné à Marie, ne s'impose pas ; le libre consentement de la jeune fille devait correspondre à l'offre divine. Elle le donne d'une manière simple et sublime dans la parole suivante :