De Jérusalem et du temple, le récit nous transporte dans une petite ville de province, dans l'appartement d'une jeune fille ignorée du monde. Plus rien de sacerdotal ; c'est ici le milieu tout, simple de la vie Israélite et humaine. - La date du sixième mois correspond aux cinq mois du v. 24. Le moment est venu où Elisabeth peut sortir de sa retraite et être reconnue comme ce qu'elle est. Dieu a attendu cette heure pour rattacher à cette première œuvre l'œuvre plus grande qu'il a en vue. - Le nom de Galilée, venant du mol Galil, cercle, désignait proprement le cercle ou district le plus septentrional de la Terre-Sainte, voisin de la Phénicie. Le nom complet de ce district était Cercle des Gentils, à cause des nombreux païens, Phéniciens ou anciens Cananéens, qui habitaient ce territoire ; comp. Es.8.23. - La ville de Nazareth n'est nommée nulle part dans l'A. T. ; elle est située dans un gracieux vallon, qui est comme creusé en ellipse dans la chaîne bordant au nord la grande plaine d'Esdraélon. Un défilé conduit de la plaine dans cette paisible retraite. Le vallon n'a que vingt minutes de long et dix de large. Le hameau en occupe le versant nord-ouest, qui s'élève par gradins du sud vers le nord. De la crête qui le domine, les regards se promènent sur un magnifique panorama. C'est, dit Keim, comme si les portes du monde s'ouvraient de tous côtés ; au nord, les chaînes de montagne de la Galilée supérieure aboutissant au sommet neigeux du Hermon ; à l'est, le cône arrondi du Thabor, au-delà l'enfoncement de la vallée du Jourdain, et tout au fond les montagnes de la Pérée ; au sud, la plaine d'Esdraélon, et plus loin les sommets de Guilboa et du petit Hermon avec les hameaux de Nain et d'Endor à leur pied ; à l'ouest, dans le lointain, la chaîne du Carmel et la Méditerranée. Nazareth était ainsi tout à la fois une solitude invitant au recueillement et un haut poste d'observation provoquant la contemplation lointaine dans les directions les plus opposées. On ignore d'où vient le nom de cette bourgade ; la forme même du nom n'est pas absolument certaine. Tischendorf (8e éd.) se décide dans Luc pour la forme Nazareth, quoique 4.16 les principaux alexandrins lisent Nazara. Dans Matthieu.4.13, il se décide pour Nazara, d'après le Vaticanus. Keim, dans son Histoire de Jésus, préfère aussi Nazara, parce que les adjectifs dérivés ναζωραῖος (ou ναζοραῖος), et ναζαρηνός ; ainsi que la forme du nom arabe actuel en-Nazira s'expliquent par là plus aisément. Selon Tischendorf, le vrai nom était Nazara, mais Luc aurait eu l'habitude d'employer la forme Nazareth. Quant à l'étymologie, on dérive ce nom de netser, rejeton, soit qu'on y voie une allusion au Messie, comme rejeton de David d'après les prophètes, soit, comme l'explique plus simplement Burckhardt, à cause des nombreux arbrisseaux qui couvrent le sol de la vallée. Hitzig et Keim le l'ont venir de notsera, la gardienne, soit qu'il s'agisse d'une divinité païenne protectrice du lieu, ou de la ville elle-même comme gardienne du chemin conduisant à la plaine. - Des deux leçons ἀπό, de la part de Dieu, et ὑπό, par Dieu, la seconde est préférable ; elle accentue l'origine divine immédiate du message. L'explication : ville de Galilée, n'était certainement pas dans le document qu'employait Luc ; elle a été ajoutée par lui en vue de ses lecteurs païens.
Verset 27. Les mots : de la maison de David, se rapportent-ils à Joseph, comme le pensent de Wette, Bleek, Meyer, etc., ou à Joseph et Marie (Chrysostome, Bèze, Bengel, Wieseler, etc.), ou enfin à Marie seule (Weiss, Schanz) ? La seconde explication est peu naturelle. En faveur de la première parle fortement la reprise du substantif τῆς παρθένου, de la jeune fille, au lieu du pronom αὐτῆς, dans la proposition suivante. Cependant Weiss et Schanz font observer avec raison que cette forme peut s'expliquer par l'abondance propre au style biblique, spécialement par le désir d'accentuer la notion de virginité. La personne de Joseph importe moins que celle de Marie, dans ce récit où la paternité de Joseph est précisément exclue. Enfin si c'était Joseph qui était désigné ici comme descendant de David, il n'eût pas été nécessaire de répéter cette indication 2.4. Quoi qu'il en soit, le fait de la filiation davidique de Marie, dans l'opinion de Luc, ne peut faire doute ; comp. les v. 32 et 69. Quant à la filiation davidique de Joseph, elle est assurée également par 2.4, par la généalogie de Matthieu et par le titre de Fils de David qui était publiquement donné à Jésus. La descendance davidique de Jésus lui-même est attestée par tous les écrits du N. T. : Matth.9.27 ; 15.22 ; 20.30 ; 21.9 etparall. ; Act.2.30 ; 13.23 ; Rom.1.3 ; 2Tim.2.8 ; Hébr.7.14 ; Apoc.5.5 ; 22.16. Keim lui-même l'envisage comme élevée au-dessus de toute objection (I, p. 328-330).