Le δέ que lisent les alex., après καὶ σύ, et toi, ajoute à l'idée de la ressemblance (καί) celle du progrès, du contraste. Cette leçon a contre elle l'Itala et la Peschito. Peut-être donne-t-elle en effet trop d'importance à la personnalité secondaire qui est ici annoncée. Et toi, petit enfant, dit Zacharie. Il ne l'appelle pas même son fils, tant sa propre personnalité disparaît pour lui en présence de l'œuvre qu'il voit s'accomplir. - Tu seras appelé : « ce sera ton titre légitime. » C'est la reproduction du contenu des v. 16 et 17. - Pour préparer les voies : en ramenant les cœurs des fils d'Israël au Seigneur leur Dieu (v. 16).
Verset 77. Afin de donner la connaissance du salut. C'est le but final du travail du précurseur. En ramenant par la repentance les cœurs à Dieu, il cherchera à donner à Israël une notion plus pure du salut que celle dont ce peuple a le cœur rempli. Weiss fait porter les mots : par le pardon des péchés, sur le verbe donner : Le précurseur donnera au peuple, par le pardon des péchés, la connaissance que le salut est proche. Mais nulle part le pouvoir de donner le pardon des péchés n'est attribué à Jean-Baptiste, pas même dans Marc.1.4, que cite Weiss. Schanz, avec Calvin, Luther, Meyer, etc., fait dépendre le ἐν ἀφέσει de la locution γνῶσιν σωτηρίας : « pour donner une connaissance du salut consistant dans le pardon. » Il est impossible de tirer de cette liaison une idée claire. Le ἐν ἀφέσει ne peut porter que sur le mot σωτηρίας : « la connaissance d'un salut consistant dans le pardon. » Pour bien comprendre cette parole importante de Zacharie, il faut opposer ce qu'il dit ici de l'œuvre de Jean à ce qu'il a dit au v. 71 de celle du Messie. Celui-ci apporte le salut, σωτηρίαν ; Jean donnera la connaissance du salut. La notion du salut, était faussée en Israël. Un patriotisme orgueilleux et haineux s'était emparé de l'esprit du peuple et de ses chefs. L'attente d'une délivrance extérieure s'était substituée à celle d'un salut moral, d'un salut comme celui que vient de décrire Zacharie (v. 74 et 75). Il fallait donc qu'avant que le Messie parût pour accomplir son œuvre, un autre envoyé divin travaillât à rectifier dans l'esprit du peuple la notion du salut, en lui montrant que le fondement de la délivrance messianique consistait dans ce fait tout spirituel, le pardon des péchés. Autrement, quand le Christ viendrait offrir à Israël ce salut moral si différent de la délivrance politique que ce peuple attendait, on ne manquerait pas de tourner le dos à un tel Messie en lui reprochant d'imaginer un salut à l'usage de son impuissance (v. 17). C'était donc bien là la tâche de Jean : rétablir la notion d'un salut consistant avant tout dans le pardon des péchés. Ces mots jettent une vive lumière sur la nécessité de l'envoi d'un précurseur. Il faut lire αὐτῶν, « leurs péchés, » ceux du peuple, et non ἠμῶν (nos) qui n'a pour lui que des autorités insuffisantes. - De l'enfant précurseur, Zacharie revient à l'enfant sauveur ; il décrit son origine supérieure, v. 78, et son œuvre bienfaisante, v. 79.