Au v. 32 sont décrites les qualités personnelles de ce fils. Le pronom οὗτος est emphatique : celui-ci, comme aucun autre. Le terme de grand est pris dans le même sens qu'au v. 15. Il caractérise l'enfant comme devant exercer le plus glorieux des pouvoirs, celui de la sainteté, d'où procède l'influence spirituelle et finalement la souveraineté. - Le titre de fils du Très-Haut n'est point synonyme de celui de Messie. Il s'applique, non à son rôle historique, mais à la nature de sa personne. Il est clair qu'il ne s'agit point de caractériser l'enfant comme la seconde personne de la Trinité ; Marie n'aurait rien compris à une pareille révélation. Mais l'ange fait pressentir par ce terme une relation personnelle et mystérieuse de l'enfant avec l'être divin (voir au v. 35). - Le terme ὁ ὕψιστος, le Très-Haut, correspond à celui de El eljon ou Eljon, tout court, dans la Genèse et les Psaumes. Il désigne Jéhova comme élevé au-dessus de tous les êtres et en particulier des divinités païennes. - Il sera appelé. Ce mot signifie deux choses : d'abord qu'il sera réellement, ce que dit ce titre et ensuite qu'il sera reconnu comme tel.
v. 32b et 33. Les paroles suivantes indiquent sa dignité royale, son rôle dans l'histoire. Les expressions sont empruntées aux descriptions prophétiques 2Sam.7.12-13 et Esaïe.9.6. Elles paraphrasent le terme de Messie. Dans ce contexte, où est niée la paternité de Joseph, le terme : David son père, implique la filiation davidique de Jésus par l'intermédiaire de Marie. Weiss qualifie avec raison d'expédient l'explication de Bleek et de Meyer qui réduisent le sens de cette expression à l'hérédité du trône. - Plusieurs exégètes, frappés du contraste entre ce tableau et l'incrédulité subséquente d'Israël, ont cru devoir appliquer l'expression de maison de Jacob à l'Eglise chrétienne. Mais comment Marie, eût-elle pu se douter d'un pareil sens ? Le rejet de la nation juive n'a été que partiel et n'est que temporaire. C'est ce que développe saint Paul Rom.11. Il faut se rappeler que ce sont les croyants d'origine juive qui ont reçu dans leur sein les croyants païens, et qu'un jour la masse de la nation juive, convertie et réhabilitée, viendra se joindre à l'Eglise des Gentils. Le plan de Dieu se modifie dans l'exécution, pour laisser cours à la liberté humaine, mais non dans le résultat. - La promesse : Il n'y aura pas de fin à son règne, n'est pas en contradiction avec 1Cor.15.24-28. Car le règne de Jésus, en s'absorbant dans celui du Père, n'est pas annulé, mais accompli. Seulement à un degré plus avancé de l'œuvre divine l'apôtre Paul a reçu une révélation dépassant, celle que renfermait le message de l'ange.
Versets 34-38 : La foi de Marie.