Les paroles du v. 19 font comprendre à Zacharie la gravité de sa faute. Il a méconnu et la dignité du messager et l'excellence du message. Le messager se fait connaître à lui comme un personnage connu de lui. : « Je suis Gabriel. » Ce nom signifie : « l'homme fort de Dieu, » vir Dei. La Bible ne désigne par leur nom que deux personnages célestes : Gabriel (Dan.8.16 ; 9.21) et Michaël, nom qui signifie : « Qui est comme Dieu ? » (Dan.10.13,21 ; 12.1 ; Jude.1.9 ; Apoc.12.7). Ces deux noms sont symboliques, exprimant le caractère et le rôle de ceux qui les portent. Gabriel est le serviteur puissant chargé de faire progresser ici-bas l'œuvre divine ; c'est lui qui avait annoncé à Daniel la restauration de Jérusalem ; c'est lui qui annonce aussi à Marie la naissance du Sauveur. Son rôle est donc positif. Celui de Michel est plutôt négatif. Comme l'indique son nom, il est le destructeur de tout ce qui ose s'égaler, par conséquent s'opposer à Dieu. Dans le livre de Daniel c'est lui qui lutte contre la puissance païenne hostile à Israël. Dans Jude et dans l'Apocalypse il combat contre Satan, comme auteur de l'idolâtrie. Michel est le champion de Dieu ; il juge et renverse ; Gabriel est son messager de bonnes nouvelles, son évangéliste ; il édifie. La théologie juive postérieure ne s'en était pas tenue à ces deux figures bibliques. Elle y avait ajouté un certain nombre d'anges d'ordre supérieur ou archanges. Elle en nommait jusqu'à sept : Raphaël, Uriel, etc. Cette amplification des données bibliques provenait certainement du parsisme, car elle est postérieure au retour de la captivité. On y reconnaît une imitation des sept Amschaspands, qui entourent le trône d'Ormuzd, et puis des sept seigneurs qui avaient accès auprès du roi à la cour de Perse. Mais on n'a pas le droit d'attribuer la même origine à l'idée de deux archanges, qui me paraît indiquée beaucoup plus tôt déjà dans l'Ecriture, et cela dans la personne de ces deux êtres mystérieux qui accompagnent Jéhova lors de sa visite à Abraham, Genèse ch. 18 et 19. Ce sont eux qui consomment la destruction de Sodome annoncée par l'Eternel. - L'expression : Celui qui se tient devant Dieu, désigne sans doute une dignité spéciale, la position supérieure d'un être qui se tient habituellement devant le trône et que Dieu charge des missions les plus importantes ; comp. 1Rois.10.8 ; 17.1 ; Es.6.2 ; Matth.18.10. - Les mots : J'ai été envoyé vers toi, rappellent à Zacharie l'extraordinaire condescendance dont il est l'objet ; et la parole suivante : pour t'annoncer ces bonnes nouvelles, la bonté du Dieu qu'il contriste par son manque de foi.
Le v. 20 annonce comme une surprise (ἰδού, voici) le châtiment qu'il s'est attiré. Le premier participe σιωπῶν, le taisant, désigne simplement le fait ; le second, μὴ δυνάμενος, ne pouvant…, révèle la cause du fait et lui donne le caractère de châtiment. Si on voulait rendre la négation subjective μή, il faudrait traduire : « vu que tu ne pourras pas. » - Le mot ἀνθ’ ὦν, en compensation de ce que, est une des expressions favorites de Luc. Elle se trouve trois fois dans l'évangile, une fois dans les Actes ; du reste seulement 2Thess.2.10. - Le pronom qualificatif, οἵτινες signifie : qui comme telles. « Provenant d'un être tel que moi, ces paroles ne peuvent manquer de s'accomplir. » - Le εἰς désigne, non le moment de l'accomplissement final des paroles, mais la direction constante dans laquelle va marcher leur réalisation dès ce moment même.